La Ville de Liège est-elle prête à faire face à une vague de chaleur de 50 °C ?

Monsieur le bourgmestre,

Le Canada connait actuellement une vague de chaleur exceptionnelle, avec des températures qui avoisinent les 50 °C observées à des latitudes proches de la nôtre.

Des centaines de décès ont déjà été enregistrés et il est probable que les victimes se compteront par milliers.

Au vu de l’emballement que connaît actuellement le système climatique terrestre, la question ne se pose plus de savoir si nous aurons nous aussi, à Liège, à connaître de telles fournaises, mais quand cela arrivera.

Il me semble dès lors indispensable de s’y préparer activement et de façon urgente.

Dans cette optique, je souhaiterais vous adresser les questions suivantes.

  • Prévoyez-vous de revoir à la hausse les ambitions en matière de plantation d’arbres et de débitumisation de l’espace public ? Si oui, quels objectifs vous donnez-vous et quels moyens prévoyez-vous de mobiliser pour y parvenir ?
  • La Ville est-elle en mesure d’identifier et de prendre contact rapidement avec les personnes les plus vulnérables, notamment les personnes âgées vivant seules, et de leur porter assistance si nécessaire ?
  • La Ville est-elle en mesure de mettre en place, rapidement et en suffisance, des refuges (des bâtiments collectifs bien isolés et ombragés, disposant d’un système de rafraîchissement naturel) où les personnes vulnérables puissent être accueillies lorsque les conditions deviendront intenables ? Si pas, dans quel délai pensez-vous pouvoir y parvenir ?
  • Avez-vous l’intention de mettre en place, là où c’est possible, dans les bâtiments publics (et notamment dans les écoles, qui pourraient servir de refuge pendant l’été), des puits canadien/provencaux, des toitures et des façades dotées de hauts coefficients d’albédo, des protections solaires extérieures sur les vitrages exposés au Sud… ? Avez-vous l’intention d’adopter des mesures incitatives — voire, dans certains cas, contraignantes —afin de promouvoir le déploiement de ce type de technique dans les nouvelles constructions et les rénovations importantes ?
  • Le Collège a-t-il dans ses cartons un projet de règlement sur l’usage de l’air conditionné ? À défaut, pourrions-nous y travailler ? En effet, si le conditionnement d’air apporte du confort et de la sécurité aux personnes qui ont les moyens et font le choix d’y recourir, il aggrave aussi fortement l’îlot de chaleur urbain et peut, dans les situations extrêmes auxquelles nous devons nous préparer, mettre en danger les personnes qui n’en disposent pas dans le voisinage, en augmentant la température ambiante de plusieurs degrés centigrades, comme cela est observé, notamment, dans les villes du Sud des Etats-Unis. Le recours massif à la climatisation peut également saturer le réseau électrique, avec toutes les conséquences que cela peut entraîner.
  • Toujours dans l’optique de réduire l’ilot de chaleur urbain (qui peut, dans les pires situations, ajouter jusqu’à une douzaine de degrés aux températures observées en-dehors de la ville), êtes-vous préparé et outillé pour prendre rapidement des mesures de limitation de la circulation des véhicules à moteur thermique (circulation alternée, etc) ?
  • Enfin, disposons-nous d’un audit sur la résistance à des températures extrêmes de nos systèmes urbains les plus essentiels (adduction d’eau, alimentation électrique, réseau téléphonique, …) ? À défaut, pouvez-vous veiller à ce que des recherches soient entreprises en ce sens, notamment en sollicitant les intercommunales concernées afin qu’elles planchent sur la question ?

D’avance, je vous remercie, Monsieur le bourgmestre, pour les réponses que vous voudrez bien apporter à ces questions.

Avec mes salutations les meilleures,

François Schreuer
Conseiller communal de la Ville de Liège

 

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Les commentaires postés par les internautes

La Ville de Liège est-elle prête à faire face à une vague de chaleur de 50 °C ?

Posté le 30 juin 2021, par bachelet

Bonsoir François,
Merci de réagir sur cette priorité qu est la lutte contre le réchauffement climatique en centre urbain et peri urbain. Je partage complètement ta réflexion. Le Collège ne semble pas prendre la mesure de l’urgence.
Dans cette même perspective, même si ta première analyse était de soutenir une urbanisation réfléchie du site...il semble à l heure où les villes brûlent...une nécessité d’intérêt pub que de lutter pour une préservation totale et indispensable des hectares de forêt(s) de la Chartreuse que ceux ci soient sur parcelles privées ou pas puisqu ils sont indiscutablement des régulateurs de chaleur pour cette rive de Liege et maintiennent de ce fait une relative qualité de vie pour ts. Merci pour l.interet que tu porteras à ce bref courrier. Amitiés. Lise

Concernant la Chartreuse

Posté le 16 juillet 2021, par François Schreuer

La Chartreuse est un dossier particulièrement épineux, comme nous le savons bien. Je rappelle simplement que l’urbanisation du site — plus précisément d’une partie de la ZACC (soit la zone qui était occupée par le camp militaire, et n’est redevenue un espace vert qu’après des années d’abandon), évidemment pas de la zone verte au plan de secteur — a été décidée, il y a une douzaine d’années, par le truchement d’un « Rapport urbanistique et environnemental » (RUE), consécutif à une « charrette urbanistique » (associant les habitants) et adopté dans un relatif consensus (face auquel urbAgora, dont j’étais président à l’époque, était une des rares voix critiques, même si n’était pas pour défendre le point de vue aujourd’hui défendu par Un Air de Chartreuse). Dès lors que ce RUE constitue un droit acquis pour les propriétaires des terrains (juridiquement opposable), on ne fait pas tout ce qu’on veut aujourd’hui.

Mais surtout, Liège a un besoin important de logements et, dans une perspective de responsabilité environnementale (mais aussi si l’on veut éviter la noyade des finances locales liégeoises, mises à contribution de toutes les façons au service de l’agglomération entière, mais auxquelles échappent les contributions de la plupart des citoyens les plus aisés de celle-ci), il est indispensable de privilégier des projets denses et centraux (versus l’étalement urbain, donc les dégâts sont absolument colossaux. Ça ne signifie pas qu’il faut urbaniser la Chartreuse (pour ma part, je ne le souhaite plus, au vu de l’expression démocratique qui se manifeste fortement pour le refuser), mais qu’il faudra quand même trouver des lieux pour construire du logement et tout projet de construction de logements doit s’apprécier à cette aune également : un projet dense et bien situé détruira moins d’espace « vert », générera moins de déplacements automobile et, in fine, aura moins d’impact sur le climat (et, s’il est bien conçu, moins sur l’îlot de chaleur urbain) qu’un lotissement monofonctionnel périphérique.