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Communiqué, 6 septembre 2017

Taser : le point sur le dossier

La polémique est intense, depuis une semaine, au sujet du « Taser ». Le Conseil communal de ce lundi était en effet saisi d’une demande d’autorisation d’une expérience d’utilisation de cette arme par le Peloton anti-banditisme (PAB). Nous avons fait connaître notre opposition et déploré les conditions dans lesquelles une décision aussi importante allait être prise, suite à quoi le bourgmestre a demandé le report du point, ce dont nous lui savons gré.

Pourquoi s’opposer au Taser ? Contrairement à ce que prétendent son fabriquant et certains commentateurs, le Taser n’est pas une arme « non létale » : il existe de nombreux cas de personnes décédées suite à l’usage de cette arme. A minima, l’usage du Taser devrait donc être aussi encadré et contrôlé que celui d’une arme à feu : on en est extrêmement loin. Il semble que partout où il est en service, le Taser se banalise au point d’être régulièrement utilisé dans de multiples situations où aucun danger immédiat ne justifie le recours à un tel niveau de violence (une décharge électrique de 50.000 volts). C’est sans doute pour cette raison que le comité contre la torture des Nations unies considère que l’usage du Taser constitue « une forme de torture » ou qu’Amnesty international demande son interdiction.

VEGA manipule-t-il les chiffres ? C’est la rumeur que répandent certains élus MR sur le net. Nous ne faisons pourtant que citer une enquête de l’agence Reuters, qui a dénombré 1005 personnes décédées, aux seuls Etats-Unis, des suites de l’usage du Taser depuis la mise en service de celui-ci.

Oui, mais le décès d’un grand nombre de ces personnes est imputé à un ensemble de plusieurs facteurs. Certes, et après ? L’usage du Taser met particulièrement en danger les personnes cardiaques. Peut-on considérer que le décès d’une personne cardiaque après un coup de Taser n’est pas imputable à celui-ci ? Ce n’est pas notre point de vue. Les policiers ne disposant évidemment pas de la capacité à savoir, dans des situations d’urgence, si la personne qu’ils s’apprêtent à « taser » souffre d’une affection susceptible d’entrainer sa mort en cas d’usage du Taser. Ceci devrait, à nos yeux, suffire à bannir cette arme.

La Coopérative VEGA met-elle les policiers en danger en leur refusant un équipement utile ? C’est ce que certains prétendent sur les réseaux sociaux, nous présentant même comme « complices des voyous ». Pour notre part, nous sommes au contraire convaincus que le Taser, a fortiori aussi mal encadré légalement qu’il l’est aujourd’hui, ne peut qu’alimenter une spirale d’inflation de la violence. Le Taser est devenu le symbole d’une certaine approche de l’activité policière, sécuritaire et technologique, approche qui fait d’énormes dégâts là où elle est appliquée (taux d’incarcération en hausse, violences sur la police et de la part de celle-ci, etc). Cette approche augmente globalement le degré de violence dans la société et donc les risques auxquels les policiers sont exposés. Il existe cependant d’autres approches, qui mettent plus en avant le facteur humain et obtiennent de bien meilleurs résultats.

Que va-t-il se passer maintenant ? Une nouvelle séance de commission du Conseil communal sera convoquée dans le courant du mois de septembre, avant un nouvel examen du dossier lors du Conseil communal du 2 octobre. Nous n’avons cependant pas encore obtenu que soient auditionnés, comme nous le demandons, des médecins et des scientifiques. Nous allons continuer à le demander.

Jusqu’à présent, l’examen du dossier en commission a consisté en une présentation de l’arme par l’un des responsables du Peloton anti-banditisme. Nous considérons que ce dispositif est inadéquat, en ne présentant qu’un seul point de vue et en ne permettant pas un échange serein sur le sujet.

Que demande VEGA ? L’abandon pur et simple du projet. Nous ne souhaitons pas voir le Taser en circulation à Liège.

Et si le Conseil décide de voter en faveur du Taser ? Nous déposerons des amendements visant à ce que l’usage du Taser soit encadré par les mêmes procédures que celui d’une arme à feu. Nous demanderons également l’exclusion formelle de l’usage du Taser sur toute personne non armée, sur toute personne qui ne représente pas une menace directe et imminente pour elle-même ou pour autrui, sur les mineurs, sur les femmes enceintes, sur les personnes âgées ainsi que dans le cadre des conflits sociaux.

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