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Communiqué, 28 octobre 2013

Logement social à Liège : sans initiative nouvelle, la situation va empirer

Le Conseil communal liégeois du 21 octobre a débattu du « Plan d’ancrage communal » en matière de logement pour les années à venir. Ce débat a permis de mesurer l’ampleur de la difficulté devant laquelle nous nous trouvons aujourd’hui à Liège pour assurer l’accès de tous à un logement décent.

Lors de la campagne électorale, VEGA avait pointé du doigt le fait que le nombre de logements sociaux à Liège était inférieur à la norme réclamée par la Région Wallonne (8 % au lieu de 10 %). Ce chiffre était alors contesté ; il est aujourd’hui admis sans discussion par le Collège. Liège compte environ 7900 logements sociaux pour 100.000 logements, soit 7.9 %.

Atteindre — et si possible dépasser — le seuil régional en matière de logements sociaux devrait pourtant être l’une des principales priorités communales, pour différentes raisons :

  • Contribuer, d’abord, à donner une réponse aux 3180 personnes qui sont en attente d’un logement auprès d’une des deux sociétés de logement social de la Ville de Liège.
  • Lutter contre la hausse vertigineuse du prix des locations dans notre ville, dont il n’est pas inutile de rappeler qu’elle compte 50 % de locataires. En 7 ans à Liège, le prix moyen de location d’une maison a augmenté de 31 %, celui d’un appartement de 39 %, et celui d’un kot de 167 % !
  • Enfin, l’augmentation du nombre de logements sociaux disponibles permet de donner accès au logement social à d’autres personnes que celles qui vivent dans la précarité la plus extrême, et d’éviter ainsi la concentration des problèmes sociaux (le parc existant étant encore trop mal réparti sur le territoire), tout en contribuant à équilibrer les comptes des sociétés de logement social.

Dans le Plan d’ancrage communal voté lors du Conseil Communal de ce 21 octobre, la majorité s’engage à atteindre 10 % de logement sociaux. Dans le même temps elle annonce la création de 199 nouveaux logements dans les 3 ans à venir, soit 66 logements par an, un chiffre dans la moyenne de ce qui se fait ces dernières années.

Divers orateurs, lors du Conseil communal, ont signalé qu’à ce rythme le seuil des 10 % ne serait pas atteint avant longtemps (47 ans, toutes choses restant égales par ailleurs). La situation est en fait pire encore que ce qui a été évoqué. En moyenne, la population de notre ville s’accroit en effet de 1500 habitants par an depuis 2005. Cette tendance se poursuivra — voire s’accroîtra, si l’on en croit les précisions du Bureau du plan — dans les prochaines années. Sur base de la composition actuelle des ménages à Liège (notamment la présence de plus de 50 % d’isolés), cela correspond à 1070 nouvelles habitations nécessaires chaque année. Cela signifie qu‘au rythme actuel, il faudrait construire 85 logements par an, uniquement pour maintenir un taux constant de logements sociaux ! Si l’on ajoute à cela le problème de la vétusté croissante d’une partie du parc de logement social, qui cause un taux d’inoccupation croissant des logements existants, on se rend compte qu’au rythme actuel de construction le pourcentage de logements sociaux est appelé à continuer de baisser de façon non négligeable dans les prochaines années.

Force est donc de constater que les moyens mobilisés à ce jour ne permettent pas de répondre aux besoins — ni même de stabiliser une situation déjà insatisfaisante. La Ville de Liège — comme d’autres grandes villes en Wallonie — a besoin de toute urgence de moyens importants pour mettre en œuvre un grand plan de construction de logements sociaux.

Nous pensons en outre que le développement de logement public « moyen » se justifie également pour de nombreuses raisons.

La Ville de Liège ne saurait — seule et dans le contexte budgétaire actuel — assumer les investissements nécessaires à atteindre les objectifs fixés. Nous pensons cependant qu’elle pourrait faire plus qu’aujourd’hui :

  • Selon nous, davantage de ressources propres, au budget de la Ville, devraient être consacrées à la construction et à la rénovation de logement.
  • Nous ne nous satisfaisons pas des explications données par le Collège sur le fiasco de la rénovation de Droixhe. La destruction annoncée des trois tours restantes de l’avenue de la Croix-Rouge n’est pas acceptable à nos yeux : ces trois immeubles représentent plusieurs centaines de logements, dont le remboursement court toujours. Il est évident que rénover ces logements coûtera moins cher que de les démolir et d’en reconstruire autant, tout en continuant à assumer le remboursement des immeubles démolis.
  • Rappelons encore que — même avec la méthode de comptage très restrictive qui est d’application aujourd’hui — notre ville compte plus de 1000 logements officiellement inoccupés (ce chiffre ne représentant de toute évidence que la partie émergée de l’iceberg). Nous prônons une hausse substantielle de la taxe sur les immeubles inoccupés (laquelle a été baissée par l’actuelle majorité lors de la législature précédente), couplée à une action bien plus énergique de l’agence immobilière sociale afin de mettre à disposition plusieurs centaines de logements à prix modéré.

Au-delà, la responsabilité régionale est évidemment lourdement engagée. Le financement des communes actuel défavorise les grandes villes et Liège en particulier. Nous appelons à un grand plan de financement régional du logement social et public, centré sur les grandes agglomérations.

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