« Verts & à gauche », pour faire bouger les lignes de la politique communale.

Communiqué, 2 décembre 2013

« VEGA rend des comptes ! »

Conférence de presse du 2 décembre 2013. Représentants de VEGA : Jean-Marc Bourdouxhe , Pieter Capet (observateur de VEGA à la CCATM), Dominique Massillon et François Schreuer (conseiller communal).

Introduction

Commençons par un rapide rappel des faits :

  • Constitution d’une coopérative politique fin 2011
  • Création de « VEGA » le 14 janvier 2012 à l’école Vieille-Montagne
  • Décision de déposer une listes aux élections communales prise en avril 2012
  • Succès aux élections communales du 14 octobre 2012, avec 3534 voix (3,6 %) et un siège
  • Prestation de serment le 3 décembre, il y a tout juste un an.

Voilà donc une année que VEGA siège au Conseil communal de Liège. L’occasion de faire le point, à la fois devant la presse et en public, conformément aux engagements que nous avons pris pendant la campagne électorale, de rendre compte régulièrement de l’usage que nous faisons de la confiance qui nous a été accordée.

1. Ce qu’a fait VEGA au cours de l’année écoulée

Bien sûr, il a d’abord fallu prendre nos marques, assumer notre nouveau statut de « politiques » (pour beaucoup d’entre nous qui venaient de la sphère associative ou syndicale, la chose a pu avoir certains aspects surprenants).

Nous avons ensuite multiplié les interventions. VEGA a signé plus d’une quarantaine d’interventions publiques en un an, sous diverses formes (interpellations, questions orales, questions écrites, projets de délibération, communiqués,...). Nous avons essayé, aussi souvent que possible, d’amener des propositions constructives susceptibles de susciter de réels débats, de veiller à décliner dans le présent et le réel — souvent modestement — les objectifs de long terme que nous poursuivons (sans jamais perdre ceux-ci de vue).

Nous avons aussi tissé des liens à l’échelle wallonne et bruxelloise. On peut notamment noter l’organisation, en septembre dernier à Bruxelles, des premières Assises franco-belges de l’éco-socialisme, en collaboration avec le MG, Rood ! et le PG. Ou le lancement de la plate-forme liégeoise contre le TSCG (soit dit en passant : nous attirons votre attention sur les auditions qui auront lieu au parlement de la CFWB ce mercredi).

Nous avons créé « La Pastèque », notre organe culturel, qui a déjà organisé ou co-organisé une dizaine d’activités (formations, conférences, débats, théâtre,...). Nous nous associons par exemple à la venue à Liège de Serge Latouche, en février prochain.

2. Quelques dossiers emblématiques sur lesquels nous sommes intervenus

Le holding communal. La majorité a donc refusé de mettre en œuvre, comme le demandait VEGA, une procédure — déjà engagée par d’autres villes et communes — qui aurait pu mener à la récupération de 12 millions d’euros (en capital libéré, ou simplement souscrit) mis par la Ville dans le holding communal en 2009. Cette décision est inexplicable et scandaleuse, a fortiori dans le contexte budgétaire présent. Le Collège peut compter sur nous pour rappeler inlassablement ce triste épisode — et notamment chaque fois qu’on nous expliquera que nous sommes de doux rêveurs lorsque nous proposerons un investissement public pour améliorer la vie des Liégeoises et des Liégeois.

Le tram. Nous vous informons que le recours que nous avons introduit au printemps a été rejeté par le ministre Furlan. Sur un argumentaire qui n’est de toute évidence pas juridique mais politique. Nous faisons le choix de ne pas aller plus loin, parce que nous n’avons pas la volonté de nous enfermer dans un combat de plusieurs années qui nous épuiserait et aurait perdu son sens lorsqu’il aboutirait éventuellement. Mais cet épisode indique clairement que quelque chose ne va pas dans le façon dont les décisions sont prises en Wallonie. Et nous avons la volonté de traiter ce problème de façon politique — c’est-à-dire avec nos concitoyens — plutôt que de façon juridique. Plus généralement, nous constatons que le débat sur le tram aura, de bout en bout, été cadenassé, par le ministre Henry, par l’échevin Firket, par la SRWT,...

Le plan stratégique du CPAS. Nous constatons une démolition lente du service public, une mise en cause de la fonction publique, que l’on somme de s’aligner sur les modes de gestion du secteur privé. On peut parler d’une « privatisation dans les têtes ».

Le logement. Rapide échos au débat sur la déclaration de politique du logement et le plan d’ancrage communal. Voir ici pour les détails.

3. Une majorité déjà épuisée

Après seulement une année d’activité (mais il est vrai 25 années d’ancienneté), la majorité communale semble déjà bien fatiguée. Les signaux en sont multiples. Relevons-en quelques-uns.

  • Des conseillers de la majorité démobilisés. Nous constatons des absences en séance de plus en plus fréquentes des conseillers de la majorité, ce qui oblige parfois à attendre plusieurs minutes avant de réunir le quorum, le temps de rappeler tout le monde. Cette situation n’est pas très étonnante, vu ce qui est demandé à la majorité des conseillers de la majorité : se taire et voter comme il faut (et parfois passer un coup de brosse à reluire sur le Collège). On comprend que ce ne soit pas très motivant pour eux. C’est surtout délétère pour la qualité du débat démocratique communal. Nous sommes convaincus que dans une Assemblée où règnerait un peu moins la détestable loi d’airain des partis politiques, une Assemblée qui ne serait pas une chambre d’entérinement de décisions prises ailleurs mais un réel espace de délibération, de meilleures décisions seraient prises, plus nuancées, prenant plus et mieux en compte l’intérêt des citoyens.

    Dans le même ordre d’idée, le choix assez fréquent du Collège de ne tout simplement pas répondre sur le fond à certaines questions et interpellations des conseillers, sans doute lorsque les questions le dérangent, ou lorsqu’il n’a rien à dire, ne laisse pas d’interroger.

  • Projet de ville. Le projet de ville est tout simplement en rade, comme l’a démontré le débat budgétaire de 2014. Une grande partie des orientations et des projets annoncés dans le projet voté en fanfare en mai n’ont pas trouvé de traduction budgétaire dans le budget « base zéro » en novembre.
  • Supracommunalité. En matière de supracommunalité, les effets d’annonce succèdent aux effets d’annonce. Ça fait des années que Willy Demeyer annonce la Communauté urbaine liégeoise,... qui ne vient pas et ne viendra pas de sitôt (vu qu’une révision de la Constitution est nécessaire). En attendant, on renforce les intercommunales au nom de la supra-communalité, ce qui revient à passer complètement à côté de l’enjeu, qui est celui d’un débat démocratique à l’échelle de la ville morphologique, de l’agglomération physique, de la réalité urbaine de Liège. La conférence des bourgmestres (ajd asbl Liège métropole) est tout l’inverse de cela. Nous notons que, malgré des demandes écrites en ce sens de notre part, le Conseil communal liégeoise n’est même pas informé de ce qui se passe dans cette asbl.
  • Poubelles. Sur le dossier des conteneurs à puce, la majorité est tout simplement divisée : le PS et le CDH tiennent aujourd’hui deux discours différents sur le dossier. Le CDH — derrière l’échevin Schroyen — est manifestement prêt à avancer bille en tête sans trop se soucier de savoir qui le suit. Quant au PS, il a posé des conditions qui impliquent tout simplement l’abandon du projet tel qu’il a été présenté. On se demande bien à quoi cela va aboutir. En attendant, l’inquiétude est réelle dans la population par rapport à un système qui pose de multiples problèmes et le Collège ne semble guère se presser pour apporter des réponses.
  • Droixhe. C’est simple : la majorité laisse pourrir le dossier (en attendant que le tram rende au quartier une attractivité que l’incurie des gestionnaires publics lui ont enlevée ?). La démolition des dernières tours de l’Avenue de la Croix-rouge est un pis-aller qui va encore rendre la situation plus compliquée qu’elle n’est déjà.
  • AIS. Unanimement pointée comme un échec (même le bourgmestre a dû alors le reconnaître) lors de la dernière campagne électorale, qu’est-ce qui a changé dans la gestion de l’AIS depuis un an ?
  • Liège 2017. L’échec de « Liège 2017 » — particulièrement cinglant, dans les chiffres — n’a donné lieu à aucune remise en question. Tout au contraire : la tonalité est à l’auto-congratulation et à la complaisance. Qu’a réellement apporté cette campagne qui a coûté plusieurs millions d’euros ?

Enfin, à nos yeux, la Ville de Liège a besoin d’un Collège à temps plein. Et notamment d’un bourgmestre qui se concentre sur sa mission de façon exclusive. Il nous semble évident que le cumul des mandats de Willy Demeyer porte préjudice à la gestion quotidienne de la Ville. Nous lui demandons donc de choisir entre son mandat de bourgmestre et sa carrière au fédéral, dans l’intérêt de la Ville.

4. Une crise démocratique de première ampleur

Nous posons — comme d’autres — le constat d’une méfiance radicale d’un grand nombre de citoyens à l’égard de la politique et des personnes qui s’y investissent.

Nous ne nous en accommodons cependant pas. Nous n’avons pas « la » solution, bien sûr, mais nous formulons des propositions.

  • Revaloriser le principe délibératif. Nous voudrions que la Conseil sorte, un peu plus fréquemment, du jeu stérilisant de l’opposition et de la majorité. Un peu plus de respect est nécessaire pour les arguments et les propositions venant de l’opposition. Lors de la déclaration de politique générale, VEGA était le seul des partis d’opposition à ne pas avoir tiré à boulets rouges (et verts) sur la majorité. Nous avons indiqué que nous jugerions sur les faits. Le constat est malheureusement accablant : lorsque la majorité n’a rien à rétorquer, elle se tait et vote en bloc.
  • Forger une culture du débat. Nous devons construire, à Liège, une culture du débat argumenté et raisonné qui fait largement défaut. Le rôle des médias est essentiel à cet égard. Nous réitérons notre demande de voir RTC, notre télévision locale, financée par les pouvoirs publics, organiser un débat contradictoire hebdomadaire (dans le respect, bien évidemment, de l’indépendance de la rédaction qui choisira elle-même les intervenants qu’elle souhaite inviter dans ces débats).
  • Instituer des conseils de quartier. Lors d’une visite récente d’une délégation de VEGA à Genneviliers, nous avons constaté que le système peut (très bien) fonctionner. Et est mobilisateur pour de nombreux citoyens, y compris parmi les couches les plus précarisées de la population. Ces conseils de quartier permettent à des habitants de porter — notamment à travers le mécanisme des budgets participatifs — des projets concrets qui améliorent directement le quotidien.
  • Empêcher l’enrichissement personnel. Sans démagogie, nous voulons dire que les responsables politiques — qui se consacrent souvent très intensivement à leur mission — doivent être correctement rémunérés ; mais que personne ne devrait s’enrichir en faisant de la politique. Nous demandons donc, une fois encore, que les membres du Collège qui exercent des mandats rémunérés au nom de la Ville reversent ces jetons de présence à la caisse communale. Un mandat d’échevin devrait être suffisant à rémunérer un responsable politique local.
  • Ralentir le rythme. Nous pensons que, sur les dossiers les plus importants, il est nécessaire de prendre un peu plus de temps (par exemple en présentant le dossier lors d’un Conseil et en ne prenant la décision qu’au Conseil du mois suivant), de façon à permettre aux élus de retourner vers leur base avant de se prononcer, c’est-à-dire pour permettre un vrai travail d’éducation populaire. C’est une demande que nous formulons régulièrement. Nous pensons qu’il s’agit d’une condition indispensable pour que les citoyens retrouvent le goût de s’impliquer dans le débat public. Le bourgmestre a pris l’habitude de déclarer qu’« avec VEGA, on ne déciderait jamais rien ». Nous pensons qu’on déciderait tout autant, mais beaucoup mieux. Ce rythme — ce principe de double lecture des dossiers les plus importants — permettrait aussi d’éviter d’adopter des documents établis dans l’urgence, et améliorerait de ce fait les conditions de travail de l’administration.

5. Un nouveau projet est nécessaire pour Liège

Nous pensons que Liège a besoin d’un nouveau projet.

Deux notions nous semblent centrales.

  • Le « droit à la ville ». C’est-à-dire l’autogestion de la cité par ses habitants.
  • La constitution de « biens communs » et leur protection.

Il s’agit d’abord de contribuer à garantir les fondamentaux pour tous. Même si la commune n’a pas tous les outils en main, elle peut agir plus et mieux qu’elle ne le fait aujourd’hui.

  • Le logement. Tous les leviers ne sont pas disponibles au niveau communal (et un effort beaucoup plus important de la RW est nécessaire), mais ceux qui le sont sont sou-utilisés : taxe sur les logements inoccupés, AIS, etc.
  • L’énergie. VEGA propose, plutôt que de subsidier la consommation d’énergies fossiles (sinon pour des situations d’urgence), de créer une régie publique des énergies (vs subside au photovoltaïque) visant à construire une réponse pérenne à la précarité énergétique et à l’envol du coût de l’énergie.
  • L’aide sociale. Etat dramatique du CPAS. VEGA est la seule organisation politique représentée à proposer une solution qui permet d’augmenter substantiellement les moyens du CPAS.
  • La mobilité. Il manque une vision d’ensemble (qui explique la catastrophique absence du REL — sauf une ligne — dans le plan d’investissement du groupe SNCB).
  • L’eau potable. Nous avons mis en lumière le taux de renouvellement insuffisant des conduites de la CILE (ce qui amène un taux de perte trop importante et en croissance). Répercutions importantes — et à long terme — sur la facture d’eau.
  • L’enseignement et l’accueil de l’enfance. Beaucoup d’effets d’annonce mais la réalité est toujours la même et notamment sur ces deux points : des bâtiments scolaires que l’on ne parvient pas à entretenir de façon suffisante, malgré des efforts importants. Et des places en crèche qui restent terriblement difficiles à trouver pour certains parents.

Il s’agit ensuite de formuler une vision urbaine, sociale et économique, pour l’avenir de l’agglomération à moyen voire long terme.

  • Quelle production ? VEGA s’oppose au projet économique du « tout à la logistique » (qui revient ni plus ni moins à intensifier encore plus la concurrence internationale et à détruire les dernières unités de production manufacturières dans la région). VEGA refuse aussi que Liège soit la poubelle industrielle de l’Europe (le projet actuel pour la cokerie est une caricature à cet égard). Nous voulons poser la question des besoins et de la manière dont on peut y répondre. Recréer une petite production manufacturière ; recréer une filière maraîchère (cf. la remarquable initiative de la « ceinture verte »). Relocaliser l’activité. Rappelons ici notre proposition d’un lieu de production pour les professions créatives (l’amendement que nous avons déposé au budget en ce sens a été rejeté par la majorité).
  • Quelle organisation du territoire ? Liège a besoin d’une stratégie d’ensemble. Nous y reviendrons prochainement.
  • Quelle qualité de vie pour chacune et chacun ? Comment faire des quartiers denses du centre-ville des espaces où il fait bon vivre ? Cette question est largement ignorée par la majorité dans sa politique visant à attirer, qui est totalement clivante sur le plan territorial. Nous nous trouvons dans l’imaginaire du « rond de sorcière », dans lequel le territoire est brûlé et où ce sont les franges qui sont les lieux du dynamisme. C’est une impasse. Nous voulons voir revivre l’existant. Insistons notamment sur les projets de parcs publics dans le Longdoz, à Jupille, à Grivegnée-Bas. Nous formulons l’hypothèse d’un nouvel exode urbain, qui trouve ses racines dans le mal-vivre d’un certain nombre de quartiers.

6. L’accès à l’information, nerf de la guerre

Nous constatons une tendance généralisée de la majorité à la rétention d’information. Nous ne l’expliquons que par la peur du citoyen et de sa puissance démocratique.

On reproche souvent aux citoyens qui s’expriment sur les affaires publiques de le faire à contre-usage, à contre-temps, sur base d’informations erronées. Mais on fait tout pour que l’information qui compte soit difficilement et parfois pas du tout accessible.

Nous notons avec satisfaction que l’arrivée de VEGA a permis certaines avancées :

  • La mise en place d’une plate-forme de partage des documents pour les conseillers, suite à un amendement de VEGA au ROI du Conseil communal.
  • Le streaming d’un Conseil communal, en mai. VEGA était le seul parti candidat aux élections, à avoir inscrit cette mesure dans son programme. Comme il est d’usage, une fois que la mesure a été mise en œuvre, tout le monde en a réclamé la paternité. Reste que celle belle expérience semble déjà enterrée (rien de prévu au budget 2014 pour cela, et rien à ce propos dans le cahier des charges du nouveau site web de la Ville) et qu’il ne semble pas y avoir grand-monde pour réclamer la généralisation de ce principe.

C’est cependant loin d’être suffisant. Il est temps notamment que le potentiel de l’Internet soit enfin utilisé. Nous demandons notamment.

  • La mise en place d’un bureau des statistiques au sein de l’administration (nous avons déposé un amendement budgétaire en ce sens, qui a été rejeté). Il y a un enjeu de documentation de la situation réelle, beaucoup trop mal connue. Nous notons, avec satisfaction, que la Ville a repris, dans une version « light » cependant (une petite vingtaine de graphes dans l’édition 2013) la publication de son « tableau de bord stratégique », après l’avoir interrompu pendant trois années (2009, 2010, 2011). C’est cependant encore très très insuffisant pour nous permettre de disposer d’une vision d’ensemble de la situation.
  • La mise en ligne systématique de procès-verbaux circonstanciés des Conseils communaux est un minimum minimorum... qui est cependant loin d’être atteint. Sur l’année 2013, en effet, seuls... deux procès-verbaux (mars et avril) sont en ligne au jour où nous parlons. Ça se passe de commentaires.
  • La numérisation intégrale des procédures d’urbanisme, avec possibilité de consulter tous les documents relatifs, notamment, aux demandes de permis, via le web.
  • Une obligation de publier sans délai toutes les études qui ont été financées par de l’argent public. Exemples : Cathédrale Nord, Quartier Léopold, Val Benoit, Place de l’Yser, Transurbaine,...
  • La création d’une plate-forme communale de l’Open Data, avec diffusion rapide, et selon des protocoles ouverts, de diverses données intéressant le débat public.

Conclusion

À quoi sert VEGA ? À quoi sert-il d’avoir un seul élu, sans relais régionaux ou nationaux, sans représentation dans les intercommunales ? Certains posent cette question et elle est légitime. Nous lui donnons plusieurs réponses.

  • VEGA est d’abord un lieu d’expérimentation politique, un lieu où imaginer d’autres formes d’organisation de la vie publique. Nous sommes convaincus que nous avons le plus grand besoin d’un tel outil et que de nombreux habitants de notre Ville — mais aussi de bien d’autres endroits — ressentent également ce besoin.
  • VEGA se veut aussi un creuset où puissent se réunir pour un bout de chemin commun des personnes issues de diverses sensibilités de la gauche, pour produire un projet politique innovant et progressiste. VEGA n’a pas le fétichisme du parti, de fait se sa propre existence le but de son action. VEGA est au service de projets plus grands que nos petits nombrils.
  • VEGA entend ensuite arpenter un terrain qui nous semble aujourd’hui largement en friche : celui d’une gauche de transformation sociale qui reste fidèle à ses principes sans céder un pouce de terrain aux tentations autoritaires. Nous ne reprochons pas, sur le principe, aux partis gouvernementaux qui se réclament de la gauche de passer des compromis dans l’exercice du pouvoir (car ceux-ci sont consubstantiels aux coalitions, et celles-ci sont nécessaires dans un régime électoral proportionnel auquel nous sommes attachés). Nous leurs reprochons de confondre ce qu’ils ont obtenu avec ce qu’ils cherchaient à atteindre, d’être bien souvent incapable de faire la part des choses entre le possible et le désirable.
  • VEGA est enfin une organisation qui tente de porter dans la sphère de la politique institutionnelle un certain nombre d’aspirations qui sont aujourd’hui portées de façon diverse par les mouvements sociaux progressistes — à l’heure où beaucoup d’entre eux ont aujourd’hui le sentiment de ne plus avoir (assez) de relais politiques.

Voilà pourquoi nous sommes convaincus que VEGA est et reste une initiative utile dans le paysage.

Cela étant, nous gardons une vive conscience des limites du travail que nous menons. Nous savons que l’intelligence est collective et que c’est en regroupant les bonnes volontés que l’on parviendra à opérer des changements. VEGA n’a pas de leçons à donner à ses concurrents ou à ses adversaires politiques. Et s’il nous arrive de critiquer sans ménagement les uns ou les autres, nous tenons aussi à souligner — c’est aussi une chose que nous avons observée « de l’intérieur » au cours de cette année au Conseil communal — que beaucoup d’élus — dans tous les partis — s’attachent à leur tâche avec sérieux, intégrité, compétence et dévouement, consacrent soirées et week-end à gérer la Cité dans l’indifférence de ceux qui crieront « tous pourris ». Ce qui n’empêche pas l’étouffante impuissance dans laquelle nous nous trouvons parfois. Ce que nous constatons, c’est que le piège de cette impuissance est systémique plus qu’individuel. C’est le fonctionnement des institutions publiques — et sans doute aussi des partis politiques — qu’il s’agit fondamentalement d’interroger, bien plus que la bonne ou mauvaise volonté des uns et des autres. Et c’est le refus — trop fréquent, nous semble-t-il — de mettre en débat la manière dont la décision publique est prise qui nous paraît surtout pouvoir être reprochée aux partis dits « traditionnels ».

Face à ce constat, dans l’année qui vient, VEGA va probablement faire, un peu moins qu’au cours de l’année écoulée, un travail de première ligne sur de nombreux dossiers. Nous allons par contre essayer de prendre un peu de recul, et d’analyser — depuis la place singulière que nous occupons — la façon dont les conditions dans lesquelles est mené le débat public produisent cette impuissance — et la manière dont il serait possible d’en sortir.

Notre détermination à continuer le travail se fonde sur la conviction que cette réflexion pourra être utile.

Après l’avoir présenté aujourd’hui à la presse, nous aurons l’occasion de défendre ce bilan en public — conformément aux engagements pris pendant la campagne électorale. Nous organisons en effet une réunion publique ce mardi 3 décembre à 20h à l’Auberge Simenon.

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