« Verts & à gauche », pour faire bouger les lignes de la politique communale.

Communiqué, 24 janvier 2013

Sauver notre sidérurgie : la dernière chance

La coopérative politique VEGA tient à exprimer sa totale solidarité avec les travailleurs d’Arcelor-Mittal à nouveau victimes des logiques néolibérales et de la mondialisation capitaliste. Le groupe fait des profits conséquents (959 millions de dollars pour le deuxième trimestre 2012) mais ce n’est jamais assez. On consomme localement de l’acier mais on délocalise sa production car le libre-échange est érigé en valeur cardinale et l’on refuse tout protectionnisme social et toute taxe sur le transport de marchandises.

Ce nouvel épisode d’une mort annoncée de la sidérurgie liégeoise est sans doute le dernier pour pointer les responsabilités et proposer des alternatives. Pointer des responsabilités car ce nouveau bain de sang social ne tombe pas du ciel. Il est d’abord le fruit d’une véritable constitutionnalisation du néolibéralisme à travers les traités européens que votent massivement avec la droite sociaux-démocrates et écologistes.

Un autre responsable majeur est le gouvernement fédéral qui reste amorphe et à sa tête un premier ministre plus préoccupé par son image en Flandre que de se battre pour préserver cette industrie structurante. Il est piquant de constater que ce dernier était ce matin même à Davos où il vantait les intérêts notionnels, mesure inique et coûteuse dont on voit bien qu’elle ne préserve en rien l’emploi.

Enfin, au niveau régional, où l’on ne jure que par les « partenariats public-privé », on trouvera difficilement une véritable vision sur des politiques industrielles publiques. En conséquence, la sidérurgie à Liège a beaucoup trop vécu sur ses acquis (une localisation et un savoir-faire exceptionnels) et l’on n’a pas veillé à faire évoluer l’outil de manière structurelle. Là où, sous la houlette des pouvoirs publics, des sites concurrents ont investi afin d’améliorer leur production (rationalisation de l’usage de l’énergie et amélioration de la disposition des sites), cela n’a pas été le cas à Liège.

Désormais, seuls les aveugles pourront encore dire que l’on peut attendre quelque chose de monsieur Mittal. Afin de sauver ce qui peut encore l’être, il convient d’agir politiquement. VEGA demande :

  • Que les autorités belges et wallonnes discutent avec les autorités françaises, allemandes, luxembourgeoises, espagnoles pour définir une stratégie commune visant au maintien d’un outil sidérurgique important sur le continent.
  • Que la région wallonne sorte enfin de ses déclarations d’impuissance et (re)prenne la main dans ce dossier. On a vu dans le dossier du sauvetage des banques que les autorités publiques pouvaient se montrer rapides et dégager des sommes importantes. La sidérurgie mérite la même attention.
  • Que soit étudiée la possibilité d’une reprise de l’outil par (ou avec) les pouvoirs publics (Région, Meusinvest, SRIW, villes et communes intéressées,...).
  • Que des négociations s’engagent afin que Mittal cède l’outil. Que tous les moyens légaux à disposition, et notamment le coût de la dépollution des sites (aux alentours de 800 millions d’euros selon les organisations syndicales), soient envisagés pour y parvenir. La Région accepter la logique de la terre brûlée de Mittal. Elle doit imposer le rachat de l’ensemble de la chaîne pour l’euro symbolique par une société publique ou par une coopérative ouvrière fondée sur fonds publics.
  • Que dans ce scénario, la viabilité de l’outil soit assurée (sans quoi on se retrouvera avec un carnage social et des centaines d’hectares à dépolluer sur fonds publics) ce que demande de dégager des moyens pour financer certains investissements urgents : mise en conformité environnementale (entre 40 et 80 millions d’euros), investissements dans les outils du froid (115 millions d’euros) et construction d’une nouvelle centrale électrique (environ 100 millions d’euros). En comparaison avec les sommes pharaoniques données aux banques, ces investissements ne nous semblent pas démesurés d’autant qu’ils permettent de maintenir une activité structurante qui fait tourner de façon importante l’économie du bassin de Liège. À titre d’exemple, en 2011, ArcelorMittal Liège a payé pour 470 millions d’euros à des fournisseurs, sous-traitants en mécanique, en entretien des fours, en nettoyage ou encore en logistique.

Moyennant ces investissements, l’activité sidérurgique en région liégeoise nous semble viable à long terme. Desservi par le port de Rotterdam, le site de Liège est alimenté très efficacement en minerais. Avec l’ère du pétrole (encore plus) cher qui s’annonce, les modèles économiques basés sur les gigas sites de production en front de mer et sur le transport de marchandises finies ou semi-finies sur des distances énormes risque bien de perdre en rentabilité au profit de plus petites structures le long d’axes fluviaux, plus proches des sites consommateurs de métal comme c’est le cas de Liège.

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