« Verts & à gauche », pour faire bouger les lignes de la politique communale.

Communiqué, 3 novembre 2016

La Porte Nord de Liège : le patchwork en guise d’urbanisme

Conférence de presse de la Coopérative politique VEGA. Jeudi 3 novembre 2016. Maison de la presse de Liège.


Vous pouvez consulter le reportage vidéo de RTC - Télé Liège en cliquant ici

L’on assiste actuellement à un amoncellement de projets urbanistiques dans un périmètre restreint situé en aval du centre-ville, entre Outremeuse et l’Île Monsin. Ces projets — Bavière, Coronmeuse, Bressoux et Droixhe, pour citer les principaux — pourraient, à notre estime, former une opération urbanistique cohérente de très grande ampleur, une véritable « Porte Nord » pour la ville. Ils constituent, de toute évidence, le nouveau grand projet de développement urbanistique liégeois, tandis que l’opération menée dans le quartier des Guillemins depuis deux décennies touche à son achèvement.

Ces divers projets semblent cependant simplement juxtaposés, dépourvus de planification ou d’un phasage réfléchi. Ils témoignent aussi d’une ambition urbaine extrêmement modérée de la part des pouvoirs publics liégeois, qui préfigure des résultats qui ne seront pas à la hauteur de ce qu’on peut attendre.

Nous proposons ici une analyse du processus en cours, et formulons une série de propositions qui permettraient de redresser la barre.

Énumérons, pour commencer, les projets qui sont sur la table dans le périmètre considéré.

— À Bavière, on recense le projet d’une nouvelle bibliothèque provinciale (soutien du FEDER : 28 millions d’euros), celui d’une nouvelle polyclinique du CHU, un pôle communal (commissariat, crèche et salle de sport), une extension de l’école du Barbou, ainsi que, relevant du secteur privé, kots, logements, bureaux,...

— À Droixhe, après les démolitions, un projet de maison de repos est en train de voir le jour, de même que plusieurs projets de logements privés.

— À Coronmeuse se prépare la démolition des bâtiments actuels de la Foire internationale de Liège (FIL), la construction d’un « écoquartier » (soutien du FEDER, dépollution comprise : 30 millions) et le terminus (provisoire) de la ligne 1 du tram.

— À Bressoux sont prévues l’implantation des nouvelles halles de la FIL (soutien du FEDER, dépollution comprise : 35,5 millions d’euros), la construction d’un ensemble réunissant le dépôt et le centre de maintenance du tram ainsi qu’un gros P+R, la salle de guindaille étudiante, la réalisation d’un parc d’activité économique et, finalement, la transformation de l’autoroute en « boulevard urbain » (soutenue par le FEDER, là encore, montant à préciser), à partir du Pont-barrage de Monsin (qui va d’ailleurs faire lui aussi l’objet d’une transformation importante).

— À ces quatre sites majeurs, on peut en ajouter quelques autres (ancien site Intermosane, déménagement annoncé de la caserne des pompiers, reconversion à venir du site « Brull », etc).

Une ambition limitée

Face à une opération urbaine d’aussi grande ampleur, même si elle ne dit pas son nom, une analyse transversale et globale est nécessaire. Ce qui nous amène à poser les constats suivants.

a) Une absence de vision d’ensemble de la mobilité

— Le Pont Atlas, qui articule toutes ces nouvelles fonctions entre elles, verra sa capacité largement réduite de par le passage du tram. Cela augure de gros problèmes de circulation dans la zone, et notamment un report de trafic sur le Pont Maghin. Une approche inverse (la protection des quartiers situés en amont du pont mais le maintien du pont dans une fonction de nœud pour le trafic métropolitain) semblerait nettement préférable.

— Les besoins du REL ne sont pas pris en compte. En particulier, l’urbanisation prévue sur le site de Bressoux condamnera prochainement la dernière opportunité de réserver un site permettant un franchissement ferroviaire de la Meuse en aval du centre-ville. Les nombreuses alertes que nous avons lancées à cet égard sont restées tout simplement sans réponse.

— Le tram pourrait servir de colonne vertébrale pour l’ensemble des projets situés dans le cadre de cette grande « porte Nord ». Ce n’est pas complètement le cas, notamment faute de desservir le site de Bavière.

— Les quartiers de la rive droite sont globalement ignorés : le quartier de Bressoux est tout simplement mis de côté. La prolongation, à long terme, du tram vers Jupille n’est pas envisagée et, de fait, rendue quasiment impossible. L’échelle métropolitaine (les grands projets pensés pour l’agglomération) semble conçue contre l’échelle locale (les quartiers proches) et non en renforcement de celle-ci.

— L’intermodalité est royalement ignorée. Ce qui est proposé aujourd’hui en la matière est un pur scandale, dont la persistance, malgré les retards que connait le dossier du tram, est injustifiable et inexcusable.

b) Une très faible prise en compte de la voie d’eau et de son potentiel

— Rien sur une possible transformation des quais de la Dérivation, qui semblent condamnés à rester un aspirateur à voitures.

— Peu de réflexion sur la possible valorisation du fleuve en tant qu’espace de loisir, d’agrément. Seule exception : la « darse » de Coronmeuse (i.e. le début de l’ancien canal de Maastricht) sera dédiée à une fonction de loisirs.

— Pas d’intégration d’une intermodalité possible avec le bateau à Bressoux (malgré la présence d’une gare IC, et prochainement du tram et d’un P+R).

c) Une ambition quasiment nulle en matière d’espace public

— À Bavière, nous pointons en particulier la disparition du projet de parc public (c’est-à-dire sa réduction à la portion congrue couplée à sa privatisation, à l’usage des habitants d’un ensemble de logements) et la réductions à de pures utilités des rares espaces publics laissés par le projet d’urbanisme. Cette évolution funeste — si l’on veut bien comparer au projet précédent pour le site (architectes : Anorak & alii, promoteur : Himmos) — est sans inévitable au vu de l’absence de tout processus de sélection des projets d’urbanisme et d’architecture (le secteur privé étant laissé libre de gérer les choses à sa manière).

À Bavière, c’est une logique de lotissement (i.e. découpage en « lots »), sans réflexion préalable sur l’espace public, qui a été retenue pour planifier le développement du site.

— À Bressoux, le site est actuellement traité comme un zoning et non comme un nouveau quartier urbain, malgré le potentiel exceptionnel du site (proximité de la voie d’eau, présence d’une gare IC, accessibilité routière, visibilité en entrée de ville, etc). On agglomère, au gré des opportunités, diverses fonctions, sans que les responsables de ce dossier ne songent à un seul moment à faire trois pas de recul pour faire émerger un projet pour l’ensemble du site.

Visuel disponible sur le site officiel de la Ville de Liège concernant l’aménagement du site de Bressoux. Est-il nécessaire de commenter ?

— On peut encore pointer une faible prise en compte des obstacles constitués par certaines infrastructures, notamment pour connecter les quartiers alentours aux nouvelles aménités à créer dans les sites à enjeu de la porte Nord. On attendrait par exemple une passerelle entre Bressoux et le Barbou, une réflexion sur le franchissement des lignes de chemin de fer, etc.

— Malgré l’arrivée annoncée du tram et du REL, on est train loin, très loin, d’une démarche urbanistique axée sur ce potentiel (ce que les urbanistes nomment, dans leur jargon, le « Transit-Oriented Development » ou TOD).

d) Des éléments patrimoniaux largement négligés

— Contrairement aux deux autres grands exemples belges (le Kiel d’Anvers et la Cité modèle de Bruxelles), la cité moderniste de Droixhe a été largement démolie. On a mis sur le compte de l’architecture des maux qui venaient principalement de la mauvaise gestion publique. Soit, le mal est fait. La moindre des choses serait d’en tirer les leçons pour ne plus refaire quelque chose d’aussi injuste et d’aussi ruineux.

— La « dentisterie » sur le site de Bavière mérite d’être conservée, même si tous les Liégeois ne sont pas encore conscients de sa valeur. Il s’agit d’un bâtiment emblématique. Il s’agit aussi d’un bâtiment dont la structure est dans une état qui autorise sa rénovation. Mais la logique des promoteurs est celle de la tabula rasa, même si cela doit coûter plus cher.

— Le « Palais des fêtes », à Coronmeuse (l’ancienne patinoire), témoin le plus emblématique à demeurer sur pieds de l’exposition internationale de l’eau, est en train de subir la loi du fait accompli : l’autorité communale, qui en est propriétaire et responsable, laisse sciemment ce bâtiment tomber en ruines et nous expliquera d’ici peu qu’il n’y a pas d’alternatives à sa démolition (ou à sa transformation en un silo de parking dans le cadre de l’éco-quartier). Une demi-douzaine d’interpellations et de sollicitations de VEGA, dans ce dossier, depuis le début de la législature, ne semblent rien y changer.

e) Une mainmise laissée, dans les faits, au secteur privé

— La Ville de Liège dispose d’une très large maîtrise foncière sur les sites de Coronmeuse et Bressoux. Mais elle n’en fait pas usage. À Coronmeuse, on envisage en effet de « donner » l’ensemble du site (en ce compris de grands pans d’espace public) à un grand groupe privé, plutôt que d’opter pour un développement réellement maîtrisé par le secteur public.

— À Bavière, une fois encore, malgré une programmation essentiellement publique, c’est le privé qui a la main, pour définir les options d’aménagement (!) et pour capter les bénéfices (la différence entre le prix payé par Thomas&Piron pour l’acquisition du terrain et le prix de revente du même terrain au pouvoir public à la Province a été de l’ordre de ... 150 EUR/m2, et cette différence augmentera probablement pour les opérations à venir).

— Malgré cela, malgré les fonds publics qui sont sollicités à tous les niveaux, sur Bavière, aucune charge d’urbanisme ne sera, semble-t-il, demandée aux promoteurs.

f) Des préoccupations sociales quasiment absentes

— La démarche d’ensemble, le lexique-même qui est utilisé, relèvent d’une dynamique d’appropriation de la ville par les classes supérieures. Le quartier de Coronmeuse est l’emblème de cette vision : on mobilise des dizaines de millions d’argent public (FEDER, mais aussi sur le budget communal, qui a déjà été sollicité à plusieurs reprises) pour créer un quartier pour les riches, en en laissant la gestion à un groupe privé, en tenant à l’écart toute délibération démocratique en amont du projet.

— Les quartiers d’Outremeuse-Nord, de Bressoux, de Droixhe, de Coronmeuse... sont des quartiers populaires. Leur existence semble tout simplement ignorée dans les projets qui sont aujourd’hui sur la table. On ne nous propose pas un urbanisme avec les habitants déjà présents, mais à côté d’eux, tout au mieux. La réflexion est posée à l’échelle métropolitaine, ce qui nécessaire mais tout à fait insuffisant : une intégration de ces projets à l’échelle locale et humaine est absolument indispensable.

— Tout ceci se résume dans l’absence pure et simple de tout logement social dans l’ensemble de l’immense opération « Porte Nord » (!), alors que celle-ci est pourtant pilotée, de a à z, par des socialistes, alors que l’argent coule par ailleurs à flots.

g) Un processus de décision extrêmement problématique

— Une planification gravement défaillante : absence de master plan sur Bavière et Bressoux mais aussi absence d’un schéma à la grande échelle. Il en résulte une spatialisation des fonctions extrêmement pauvre, qui réduit l’espace public à une dimension purement fonctionnelle et passe à côté de nombreuses opportunités. Il en résulte aussi et surtout une difficulté à faire vivre un débat démocratique autour de ces enjeux.

— Absence de phasage ou de coordination entre les projets. Les projections du bureau du plan semblent justifier, aux yeux du Collège, la mise en chantier de nombreux dossiers en parallèle, en dépit de la réalité du marché immobilier local, qui est plus terre-à-terre. Le risque, c’est de voir des opérations inabouties se multiplier, les projets les plus faciles à réaliser évincer les projets plus fragiles (mais souvent aussi plus importants).

— L’usage d’une procédure de marché (le dialogue compétitif) qui exclut complètement les élus du processus de décision (et même de toute information) sur le site de Coronmeuse constitue également un problème de taille. Si le choix de cette procédure était à la rigueur concevable et admissible dans le contexte d’urgence et dans la perspective monofonctionnelle qui caractérisaient la préparation de l’Expo 2017, il ne l’est plus du tout dans le cadre de la construction d’un nouveau quartier de la ville.

— Le FEDER, plus globalement, a instauré une pratique de décision absolument a-démocratique. La décision des grands projets à soutenir — qui constitue pourtant une des décisions les plus importantes dans le développement d’une ville — est prise, de fait, dans des cercles extrêmement restreints. Aucun débat public n’a lieu à ce sujet, ni avant la décision ni même après puis l’urgence qu’impose le FEDER sert de prétexte à des courses contre la montre où le moindre questionnement est vu comme une mise en danger des financements promis. Aucune implication des Conseils communaux n’est tolérée dans le choix des projets. C’est une logique technocratique qui prévaut dans le choix des projets (« task-force »).

— Nous observons l’influence très importante, déterminante, d’un acteur singulier : Stéphane Moreau. Ce n’est pas le bourgmestre d’Ans qui agit ici, mais le directeur général du groupe Nethys (notamment à travers OGEO Fund, à Bavière) et le président de l’IGIL (qui est à la manoeuvre dans le dossier de la FIL). M. Moreau nous semble avoir plus d’influence que quiconque dans l’ensemble de ce processus « Porte Nord ». Cela n’est pas souhaitable : c’est aux instances démocratiques liégeoises que devrait revenir le rôle de pilotage de l’opération.

— Or, justement, même le Collège échevinal semble tenu à l’écart des décisions les plus importantes dans ces dossiers, qui se règlent en très petit comité (et en l’absence manifeste de compétences suffisantes dans le domaine de l’urbanisme). Les réponses évasives que nous font ces échevins, pourtant directement concernés, dans ces dossiers finissent par ne plus dissimuler cette situation de préemption de la décision par de petits cénacles. Ne parlons même pas du Conseil communal ou de l’ensemble des citoyens...

— Plus fondamentalement, la question de savoir pour qui on construit la ville, semble absente. Il est urgent, à nos yeux, de repolitiser le débat, de remettre les citoyens dans la boucle.

Conclusions : on assiste à une démission profonde, par l’autorité publique, de son rôle, dans les divers domaines pointés ici. Le todibonisme est, une fois encore, en train de frapper : dans un contexte où les responsables politiques se vivent comme impuissants, ils se satisfont de peu, préférant que quelque chose se passe plutôt que rien.

Ce que nous proposons

Face à cette impéritie préoccupante, nous faisons une série de propositions.

a) D’abord et avant tout, affirmer beaucoup plus clairement une vision de la ville comme lieu d’intégration de tous. C’est le point de départ nécessaire si l’on ne veut pas faire du city branding — qui ne devrait au mieux être qu’un moyen au service d’une politique — une fin en soi, comme on le fait actuellement. Car certains développements envisagés — Coronmeuse, en particulier — semblent relever d’une quête fantasmatique plutôt que d’une analyse sérieuse et rigoureuse des besoins. Le bureau du plan nous promet des dizaines de milliers de nouveaux Liégeois. Admettons. Cela ne veut pas dire qu’ils auront les moyens de se payer des appartements à 300.000 euros. Qui seront ces nouveaux Liégeois ? Quels seront leurs besoins en logement ? Ne devrait-on pas partir d’un questionnement de ce type ?

b) Assurer une maîtrise foncière publique, en organisant l’acquisition de l’ensemble du site de Bavière par la société mixte de développement du site (cf. infra), sachant que Coronmeuse, Droixhe et Bressoux sont déjà des propriétés publiques qui pourraient être versées au capital de ladite société. À la demande que nous lui avons déjà faite à plusieurs reprises en ce sens, le Collège communal en affichant l’impuissance de la Ville à assumer une telle opération. Cette réponse n’est pas satisfaisante, d’abord parce que la Ville ne fait rien de substantiel pour se doter des outils qui lui permettraient de le faire, mais aussi et surtout, dans le court terme, parce que c’est à une acquisition du site par l’ensemble des pouvoirs publics concernés (Ville, mais aussi Province, Région et même CHU) que nous pensons. Il est évident aujourd’hui qu’un tel montage coûterait moins cher à la collectivité que l’opération de découpage qui est en cours. Ajoutons que cette maîtrise foncière n’est pas un objectif en soi, mais apparaît comme LA condition de maîtrise du développement d’opérations urbaines complexes et est un commun dénominateur aux opérations les plus réussies à travers l’Europe.

c) Faire du logement public (social et moyen) une réelle priorité dans l’ensemble du dispositif (notamment en exigeant, pour prix de l’investissement public consenti, la conversion d’une part importante des logements de Coronmeuse en logements sociaux). Au besoin en recourant à des mécanismes de financement innovants, notamment en mobilisant l’épargne citoyenne à travers un outil d’épargne protégée et destinée au financement des investissements publics.

d) Lancer un concours international en vue de la réalisation d’un « Master plan Porte Nord », avec un périmètre d’étude allant du Pont-barrage à la rue des Bonnes-Villes et de la ligne 34 (rive gauche) à la ligne 40 (rive droite). Cet outil — et de manière générale la nécessité d’une planification à des échelles urbaines ou métropolitaines — est aujourd’hui quasiment ignoré à Liège. Ce n’est pas dans les autres grandes villes belges — citons Anvers |1|, Charleroi |2|, Gand |3| ou Leuven |4| — qui font de ce type d’outils une des clés de leur dynamisme et n’envisagent pas de redessiner la ville sans disposer de tels guides. Le cahier des charges de cette mission définirait notamment les objectifs suivants.

— Faire émerger, de part et d’autre de la Meuse, en reliant les deux sites par une passerelle piétonne (ainsi que la chose était envisagée dans le cadre de l’expo 2017), un « parc de la Villette » à la liégeoise en associant, autour de la Foire internationale reconstruite, une série de fonctions métropolitaines (grande salle de concert, équipements sportifs et culturels — la salle dédiée au folklore étudiant trouverait sa place dans cet ensemble) mais surtout des capacités d’accueil de grands événements publics, en indoor comme en outdoor (la foire de Liège, par exemple, pourrait éventuellement y être relocalisée à moyen terme). Ce « parc de la Villette » doit avoir une vocation (au moins) eurégionale, ce que sa localisation favorise.

— Favoriser la densification de tous les sites concernés (y compris Bressoux), en particulier autour des futures stations de tram et des points d’arrêt du REL ; bannir strictement l’urbanisme zoné qui a généralement court dès qu’il est question d’urbanisation à vocation économique. Ceci n’est possible qu’à travers une planification exigeante de l’ensemble — là où une logique de juxtaposition prévaut actuellement.

— Créer un grand pôle intermodal à la gare de Bressoux reconstruisant une vraie gare, en relation directe avec le tram et avec un terminal bus de grande qualité, ainsi qu’un P+R d’au moins 2000 places directement branché sur l’autoroute. Envisager la mise en relation directe du site avec les polarités eurégionales : Maastricht (ce qui est déjà le cas) mais aussi Hasselt et Aachen (dans cette optique, prévoir une réservation pour un futur franchissement ferroviaire du fleuve peut s’avérer déterminant).

— Sauvegarder les éléments patrimoniaux majeurs présents dans le périmètre d’étude, en les affectant à des fonctions contemporaines. Garantir, au minimum, la sauvegarde de la dentisterie, de l’école Reine Astrid et du Palais des fêtes.

— Protéger les espaces verts existants (le Parc Astrid et le parc de Droixhe) et créer de nouveaux espaces verts et espaces publics sur tous les sites, ainsi que des cheminements réservés aux modes doux entre eux, notamment en rive droite de la Dérivation puis de la Meuse, entre Amercœur et le Pont-barrage. Prévoir un axe piéton de très grande qualité reliant le pôle intermodal de Bressoux à Coronmeuse (mall et passerelle).

— Garantir l’extension future des réseaux de transport public, notamment en réservant les zones nécessaires à la création d’un franchissement ferroviaire de la Meuse et en prévoyant une possible extension du tram vers Jupille.

— Faire de la qualité architecturale et urbaine une exigence centrale dans l’ensemble des projets, à travers une vision coordonnée (on peut citer ici, comme référence, les documents adoptés dans ce domaine dans l’opération de transformation des docks à Anvers), conformément à la délibération adoptée par le Conseil communal sur proposition du groupe VEGA.

e) Harmoniser les structures de développement de projet. À titre d’exemple, les métropoles françaises encadrent le développement de leurs projets urbains par des Société d’économie mixte (SEM) où le partenariat avec le secteur privé permet d’apporter les fonds qui permettront de développer plus vite les infrastructures mais où le Pouvoir public garde le contrôle quant au programme, au planning, au budget et à l’attribution de lots à construire aux promoteurs — c’est-à-dire quant aux enjeux décisifs pour garantir la finalisation du projet et le respect des intérêts de la population. Ainsi, nous plaidons pour l’établissement d’une structure mixte « Porte Nord de Liège » chargée d’assurer le développement des quatre sites ici identifiés. Cette structure associerait également la SNCB, dont le rôle dans le projet devrait être important, pour développer la gare de Bressoux et pour intégrer au mieux le REL avec le reste de la programmation, mais aussi pour apporter certaines assiettes foncières qui pourraient être fort utiles.

f) Phaser. Prioriser. Deux sites sont vitaux pour les quartiers existants : Bavière et Droixhe. Deux autres peuvent connaître un déploiement à plus long terme, même si certaines options doivent être prises rapidement : Bressoux et Coronmeuse.

g) Organiser un vaste processus de concertation publique autour de ce dossier, en organisant une campagne d’information du public sur ce projet de « Porte Nord », en assurant la publicité de tous les documents utiles (via un site web), en mettant un place un large comité de concertation. Bien sûr, cette démarche aurait surtout dû être entreprise en amont des projets, ce qui n’a guère été le cas. Ça n’empêche pas de commencer dès à présent.

|1| Nous faisons par exemple référence au Schéma de structure stratégique (pdf), Master plan Eilandje 1 (pdf) et Eilandje 2 (pdf), Master plan 2020 mobilité.

|2| Nous faisons référence ici au travail du Bouwmeester carolo ou au Master plan des espaces publics.

|3| Voir le Quartier des docks ou le quartier Meulestede Noord.

|4| Cf. le Master plan de la gare ou celui du quartier Hertogensite (pdf).

Les commentaires des internautes

3 messages

La Porte Nord de Liège : le patchwork en guise d’urbanisme
posté le 4 novembre 2016 par Camille Ek

Vision tout à fait intéressante.
Propositions constructives.
Et surtout un regard tourné vers l’homme, vers l’habitant.
Et enfin une vue d’ensemble.


La Porte Nord de Liège : le patchwork en guise d’urbanisme
posté le 4 novembre 2016 par Thomask

Tout à fait d’accord avec la plupart des propositions, je voudrais juste ajouter : on inclut Bavière dans un "Masterplan Nord", mais il aurait à mon avis encore plus d’intérêt dans un "Masterplan Outremeuse". Les deux ne sont pas incompatibles ni imperméables, bien sûr. Bavière jouerait ainsi un rôle de lien entre les deux.

Vu son coût, la passerelle entre Bressoux et Coronmeuse me semble illusoire, mais rêvons un peu. Le reste est tout à fait accessible aux finances publiques.

Avez vous des réactions officielles à ces propositions ? J’aimerais entendre les arguments avancés contre celles-ci. Ou tout simplement n’y a t il pas de réponses ?


La Porte Nord de Liège : le patchwork en guise d’urbanisme
posté le 3 novembre 2016 par Philippe Theunissen

simplement : je soutiens l’action.


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