La Grand Rue à Prayon : quel renouveau ?

Qu’ont fait et que peuvent faire les autorités face à son triste état ?

La Nationale 61 est la colonne vertébrale de la commune de Trooz ; reliant en fond de vallée les entités de Forêt, Fraipont et Nessonvaux, elle est un axe de communication essentiel, tant pour les Trooziens que pour les visiteurs qui rejoignent notre Commune ou y transitent. En de nombreux endroits, la N61 expose les stigmates du riche passé (pré)industriel de Trooz. La façade et le portail d’inspiration médiévale de l’ancienne usine Impéria à Nessonvaux et la cheminée de l’ancienne usine métallurgique de Prayon sont les vestiges les plus spectaculaires.

La Grand’Rue de Prayon

Bien que la configuration de la commune soit très contrastée sur un axe nord-sud, entre l’habitat dense de type urbain de la vallée et les villages et hameaux de type rural sur les versants et plateaux, la Grand’Rue de Prayon concentre la majeure partie des activités économiques et commerciales et constitue la principale « carte de visite » de Trooz. D’une longueur de 1,4 km, elle égrène une cinquantaine de commerces et professions libérales dans divers secteurs : alimentaire (distribution, artisans…), restauration (brasserie, restaurant, pizzeria…), mode et accessoires (vêtement…), maison, jardin et bricolage mais aussi des services (banque, assurance, coiffeur, médecin…). Pas de place ou de concentration de magasins donc mais une longue enfilade de commerçants / indépendants.
Certains commerçants observent une diminution de la fréquentation des magasins de la Grand’Rue à Prayon. Les longs travaux de pose de l’égout en 2009 entre la rue du Ry de Mosbeux et le pont sur la Vesdre à hauteur de la rue Laurentpré puis les travaux d’égouttage entrepris au printemps 2015 à Chaudfontaine et la fermeture dans le sens Liège-Verviers de la N61 expliquent évidemment en bonne partie cette situation. L’impact est très variable en fonction du type de commerces : si certains sont fortement impactés, d’autres le sont moins, ou une partie de la journée...

Les travaux à Chaudfontaine touchent enfin à leur fin et la voirie sera à nouveau accessible dans les 2 sens d’ici la fin de l’année. Cela signifie-t-il que la situation redeviendra automatiquement favorable ? Il faut craindre que non et ce pour diverses raisons :

  • certains clients auront probablement acquis de nouvelles habitudes de consommation et les faire revenir / acheter à Trooz nécessitera de les y attirer à nouveau ;
  • un nouvel égout doit encore être posé dans l’accotement côté sud (côté village de Prayon) en remplacement des deux canalisations existantes entre le pont sur la Vesdre et le « château Prayon » où il se connectera au collecteur existant à hauteur du zoning ;
  • à côté de certains points forts (diversité et qualité des commerces, relative facilité de parcage, trafic modéré…), la Grand’Rue de Prayon présente aussi des points faibles d’ordres divers sur lesquels il est utile de se pencher.

La Nationale 61 est une voirie régionale gérée par la DGO1 (routes et bâtiments) ; la Commune de Trooz n’en a donc ni la propriété, ni la responsabilité. Il s’agit néanmoins d’un espace public et le « règlement communal de police » s’y applique.

Le trottoir fait entièrement partie de la voirie qu’il longe ; il est un accessoire de la voirie. Les trottoirs de la N61 appartiennent donc à la Région qui est chargée de leur réfection / entretien.

Quant au bâti, qu’il s’agisse d’habitat ou de commerce, la Commune de Trooz dispose de compétences urbanistiques qui lui confèrent un rôle important via l’octroi des permis d’urbanisme lors des rénovations et nouvelles constructions.

De nombreux éléments à considérer pour une politique commerciale efficace.

Portes d’entrée de Prayon

L’entrée côté Liège du village de Prayon est occupée par le parc d’activités économiques ; géré par la SPI (agence de développement pour la province de Liège), il compte une quinzaine d’entreprises.
Son intégration dans le paysage est simplement nulle : haie de berberis pourpre abandonnée par le gestionnaire de l’entreprise Lacollonge, aucun élément végétal de qualité, long mur aveugle, malpropreté… Que fait vraiment la SPI à Trooz dans ce domaine (on attend toujours qu’elle investisse une partie de l’espace situé de l’autre côté de la N61, complètement déstructuré et sous utilisé) ? Et que fait la Commune pour motiver la SPI et les entreprises à (ré)agir ?
Vu la situation de terrain, la question mérite d’être posée. En effet, si ce parc d’activités porte quelques emplois, il offre à tous les visiteurs entrant à Prayon une vision délétère de la Grand’Rue et de ses commerces ! On est tellement habitué par cette situation lamentable qu’on ne la voit plus.
L’entrée côté Verviers du village de Prayon peut-être située… au rond-point avant le tunnel sous le chemin de fer. Deux cent mètres avant, à hauteur de la cité de La Fenderie, la Nationale 61 épouse le large méandre de la Vesdre qui coule derrière un muret bien mal en point. Un jour peut-être la DGO1 décidera-t-elle de le rénover ?
Le rond-point, le service des travaux et leurs abords ainsi que l’esplanade de l’ancienne gare sont par contre très bien entretenus et fleuris par la Commune. Avec le haut mur de pierres récemment restauré par Infrabel, le talus arboré et le bâtiment de l’ancienne gare reconvertie, cette entrée côté Verviers est franchement accueillante.
Bref, d’un côté et de l’autre, on a le pire et le meilleur !

Sécurité routière

En agglomération, la nationale est en zone de 50 km/heure. Son entretien et les aménagements de sécurité sont une compétence régionale. Les marquages au sol sont en bon état. Le reste est une affaire de discipline des usagers ! Et pour les y aider, le placement d’un radar de temps en temps n’est évidemment pas inutile puisque certains se croient autorisés à tous les dépassements et à tous les excès. Idem aux feux qui sont très souvent brulés par des inconscients.
On a un peu le sentiment d’une impunité mais il faut reconnaître que les autorités et la police ne peuvent pas grand-chose contre la bêtise et l’immaturité de certains.

Travaux d’égouttage : nouveau chantier en 2018 !

Pour en finir avec cette question…
D’une difficulté technique bien moindre que les travaux d’égouttage de 2009, le chantier d’égouttage de la Grand’Rue entre le pont sur la Vesdre et le « château Prayon » est néanmoins important : sur 800 m de long, un nouvel égout sera posé dans l’accotement côté sud (côté village de Prayon), en remplacement des 2 canalisations existantes de part et d’autre de la voirie !
(2 canalisations - une de chaque côté - sur le tout dernier tronçon, entre le carrefour avec feux et le collecteur en place au niveau du zoning)
Prévu pour 2018 (au mieux, surtout que 2018 n’est pas une année comme les autres), il créera forcément de nouveaux gros inconvénients aux clients et… aux commerçants. Normalement, la circulation ne devrait pas être interrompue. La Commune devra organiser une réunion publique d’information, et tenir compte des remarques des commerçants…, raison pour laquelle cette rencontre devrait être prévue suffisamment tôt avant le début des travaux.
Si le niveau de contraintes – et d’incompréhension par manque de communication des autorités communales – devait être aussi important qu’en 2009 (ou 2015 d’après certains), ce serait à nouveau très dommageable pour le commerce à Prayon. Et impardonnable ! En effet, la Commune devra s’assurer qu’en aucun cas, la N61 ne sera totalement fermée à la circulation !
Pour information : l’égouttage des rues Laurentpré et de la Marbrerie, conjoint avec une nouvelle station de pompage et la conduite de refoulement sous la Vesdre, est prévu fin 2018 (au mieux).

Urbanisme

L’ancien…
La Grand’Rue de Prayon aujourd’hui, c’est une enfilade de maisons mitoyennes de qualité architecturale somme toute assez variable (quelques « maisons de maître », des petites maisons ouvrières, du beau, du moins beau…), quelques villas 4 façades de différentes époques, une ancienne gare restaurée, une école communale, une ancienne maison communale, l’ancien siège administratif de la Métal… et une cinquantaine de commerces et d’indépendants.
Plusieurs magasins sont inoccupés, certains depuis très longtemps, phénomène présent dans bien des localités en raison notamment du développement sans fin du commerce et des centres commerciaux en périphérie. Ces vitrines vides sont évidemment du plus mauvais effet. Pour contrer cette situation défavorable, un peu d’imagination est nécessaire. Une solution parmi d’autres : le « street art ».

…et le nouveau
Des appartements viennent d’être construits en retrait au n°201, d’autres sont en cours de construction derrière l’établissement Alégria, d’autres encore s’annoncent aux anciens emplacements du show discount et du garage Delhez. Le bâtiment de l’ancienne maison communale au n°64 qui accueille aujourd’hui la Maison Médicale sera quant à lui rénové.
Très bien si tous ces projets sont de qualité, d’un gabarit adapté au bâti existant et durable (dans le sens où ils répondent aux besoins d’aujourd’hui mais aussi de demain). Cela ne vous aura pas échappé, la spéculation immobilière est plus présente que jamais ; l’établissement et la maîtrise par les pouvoirs publics d’une vraie politique urbanistique est essentielle pour cadrer et améliorer les projets des promoteurs qui investissent puis vendent et s’en vont, certains sans se soucier de grand-chose d’autre que la rentabilité immédiate. Or, après 4 ans de législature, une telle politique n’existe toujours pas à Trooz : chaque situation est traitée au cas par cas sans lignes de conduites générales.
Un mot concernant la friche à l’emplacement du Broadway au carrefour avec la rue Noirivaux, qui sera tôt ou tard (re)construite : aucune erreur ne pourra entacher ce projet situé en un endroit stratégique de la commune, ni au niveau du gabarit qui ne devra pas dépasser la hauteur du bâtiment disparu, ni au niveau de la qualité architecturale. Sans ces fameuses lignes de conduite, et vu l’absence des outils permettant de véritablement gérer la compétence urbanistique, le risque est grand que ce ne soit pas le cas.
Notons qu’un rond-point sera construit à ce carrefour en remplacement des feux.

Les pignons aveugles

Nombreux, très nombreux même. Un inconvénient qui pourrait se muer en avantage. Mais pour cela, il faut réfléchir et oser agir. Des milliers de fresques embellissent des endroits reculés ou déshérités de toutes les villes au monde. De plus en plus, elles apparaissent dans d’autres quartiers, dans les ports, les zones industrielles... Tous les projets quelque peu réfléchis conduisent à des résultats probants. Et dans la plupart des cas, les budgets nécessaires sont modestes.

Promotion

La plupart des commerçants de la Grand’Rue font preuve d’une remarquable inventivité pour attirer le client : vitrines aménagées et décorées avec soin, accueil chaleureux, animations pour les enfants... Bien que l’association des commerçants soit actuellement en stand by en raison des difficultés de collaboration entre des acteurs économiques faisant face à des réalités somme toute bien différentes, les contacts sont entretenus de manière informelle. La Journée du client organisée le samedi 24 septembre à l’initiative de l’UCM a été un succès : la participation active de la Commune de Trooz a été très appréciée. L’organisation d’une tombola au terme d’une semaine d’actions durant laquelle les clients devaient collecter des cachets dans divers magasins a bien fonctionné ; l’idée est d’étendre cette période à 2 semaines en 2017.
L’action « sapin de Noël » est également appréciée, même si les commerçants doivent parfois faire face au vandalisme qui les décourage d’installer des sapins décorés à l’extérieur. L’étroitesse de certains trottoirs pose aussi problème. Citons enfin la brocante organisée le printemps sur l’esplanade de la gare et le long de la N61 (par le Royal Basket Club Prayon en 2016), même si cette importante manifestation fait… manifestement chaque année l’objet de quelques mécontentements.
Par contre, beaucoup de commerçants aimeraient que les autorités soient plus proactives le reste de l’année, ne fut-ce qu’en assurant une promotion générale du commerce à Prayon et en leur proposant une assistance un peu plus assidue et active via des initiatives communes. Et pour cela, nul besoin d’une association officielle des commerçants mais une politique communale en la matière !

Signalisation des commerces

La signalisation des établissements et centres d’intérêt de Trooz est insuffisante ; en fait elle n’existe pratiquement pas. Non pas qu’il faille tout signaler mais que les clients et visiteurs puissent au moins savoir quels types de commerces les attendent.
Quant à la promotion générale de la commune de Trooz, comme le fait Olne notre voisine avec le déploiement de panneaux très grand format dans la vallée, l’idée pourrait être creusée. Mais vu le passage multiple dans une commune puis dans une autre, il faut éviter à tout prix la multiplication des panneaux en bord de route.

Mobilité et parcage

On l’a dit dans l’introduction, on peut considérer que le trafic sur la Nationale 61 est modéré et que la mobilité… automobile est bonne. A l’exception des zones de la gare et du carrefour avec la rue Noirivaux, le parcage est quant à lui assez difficile, en raison notamment des voitures des habitants qui occupent légitimement de nombreux espaces de l’accotement. Il n’y a malheureusement pas de solution simple à ce problème, les commerçants n’ayant pas eux-mêmes la possibilité de garer leur propre voiture à l’écart afin d’offrir une place libre devant leur magasin. Inutile de dire que si la liaison autoroutière CHB était réalisée avec une bretelle donnant accès directement à la vallée, la situation empirerait (sans parler de la menace directe pour le commerce local) ! Ceux qui y voient une manière d’accroitre la zone de chalandise se trompent car cela facilitera plutôt l’exode des Trooziens vers les zones commerciales plus vastes de Fléron, Soumagne…
La mobilité à vélo sur la N61 est également difficile sinon dangereuse en raison de sa configuration ! Notons la ferme volonté des autorités communales de Trooz d’aménager en bordure du chemin de fer une voie lente depuis l’ancienne gare de Trooz jusqu’au casino de Chaudfontaine. Une partie des subsides est acquise ; reste à trouver le solde.

Trottoirs et propreté

Les trottoirs sont une extension de la N61 et leur entretien à charge de la Région. Les particuliers riverains ont par contre la responsabilité de leur nettoyage lorsque nécessaire… C’est évidemment à la Commune de faire respecter cette disposition du règlement de police. Problème : les déchets abandonnés un peu partout et l’accumulation de gravats...
Les riverains doivent aussi veiller à contenir la végétation qui pousse dans les interstices, sans pesticide sur ces espaces publics évidemment.
La configuration des trottoirs à Prayon est très défavorable et même dangereuse en plusieurs endroits : dévers prononcé, poteaux d’éclairage partout, étroitesse… Question qui peut sembler incongrue : a-t-on vraiment besoin de tous ces (horribles) poteaux d’éclairage qui participent à faire de notre Grand’Rue une voie de circulation rapide plus qu’un espace de vie ?
La propreté, c’est l’affaire de tous, et pas seulement une affaire de poubelles. On peut critiquer les autorités mais aussi les malotrus (de tous âges et de toutes conditions) qui n’ont rien affaire du cadre de vie et jettent leurs déchets n’importe où. Ça fait 30 ans que tous les ministres wallons de l’environnement font des propositions dans ce domaine… et il fait toujours aussi sale. Si notre mentalité de latin ne peut s’accommoder du plus basique respect de soi-même et des autres, qu’on se limite à une politique répressive et de paiement immédiat d’amendes dissuasives.
Il n’empêche… La Commune doit aussi balayer devant sa porte.
Assurer la propreté des abords d’une Grand’Rue représente un important travail... et une responsabilité partagée.

Espaces de convivialité et petite infrastructure publique

Ils sont bien peu nombreux !
L’esplanade arborée de l’ancienne gare de Trooz est belle mais on n’y trouve pas (encore) le moindre banc. Juste en face, le projet de construction d’appartements à l’emplacement de l’ancien show discount prévoit l’aménagement d’un accès public jusqu’en bord de Vesdre d’où on pourra contempler la roche en rive droite.
Le magnifique hêtre au n°214 apporte un vrai plus à cette partie de la Grand’Rue. Un peu plus loin, l’espace de parking devant l’école communale n’a rien de convivial ! Et dire que des générations de parents y attendent debout leurs enfants. Passage du pont de la Vesdre puis rien que du minéral jusque… la friche de l’ancien garage Delhez qui va donc bientôt être construite. Ouf, quelques arbres sont prévus. En face, la maison médicale et juste à côté, un petit espace dégagé couvert de vieux pavés. N’est-ce pas un endroit idéal à aménager en faveur des piétons : nettoyage, plantation d’un arbre et d’une haie basse, installation de 2 bancs ? Et que dire de l’accès piéton qui devait être aménagé à partir de cet endroit jusque la rue de l’Eglise et la maison communale : il n’a jamais vu le jour !
Encore du minéral… jusqu’au carrefour qui sera prochainement transformé en rond-point.
Bref, bien peu d’échappatoires au béton noirci, aux briques rouges et aux voitures. Le Bourgmestre annonce en réunion du Conseil que la Commune réfléchit à adjoindre aux travaux d’égouttage divers aménagements qui amélioreront le cadre et la convivialité des espaces publics.

Conclusions

Même si le PS considérait il y a un an et demi déjà que 70 % de son programme avait été mis en œuvre (http://www.infotrooz.be/archives/2015/02/23/31590306.html), il reste beaucoup à faire - et surtout à imaginer - pour pouvoir présenter un bon bilan d’ici 2 ans. Car actuellement, quel que soit le niveau d’autosatisfaction, on n’y est pas encore.

Le MR manque d’ambitions. Etre au pouvoir lui suffit-il ? On attend tellement plus de l’échevin (même s’il vient d’annoncer qu’il allait se battre) et de son groupe.
EcoVa s’occupe de tourisme et de culture ; qui peut lui donner tort ?

Quant à la majorité tripartite, elle doit faire preuve de plus de volonté, de vision et de ferveur, d’inventivité et d’imagination. Je sais, c’est beaucoup demander mais heureusement l’opposition est là pour l’encourager.

Et l’opposition justement ? Elle s’oppose, elle propose, elle réagit, elle réfléchit, elle imagine, elle critique, elle s’applique. ça ne coûte rien mais ça peut rapporter gros.

 

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