Augmenter massivement la part du vélo dans les déplacements quotidiens

La Wallonie consacre moins de 15 millions d’euros par an à son réseau cyclable, y compris le réseau RAVeL, soit bien moins que la Flandre ou les Pays-Bas. Cela ne l’empêche pas d’annoncer bruyamment l’objectif de 10 % de parts modales pour le vélo en 2030. Dans les faits, alors que dans presque toute l’Europe et dans quantités de villes du continent, les vélos occupent de longue date une place à part entière pour aller travailler et pour se divertir, on utilise en Wallonie deux fois moins le vélo qu’à Bruxelles et dix fois moins qu’en Flandre.

Le subventionnement par les autorités de certaines villes wallonnes de l’achat de vélos par des particuliers masque mal le fait que pour que les gens franchissent le pas et passent de la voiture au vélo, ils ont avant tout besoin d’infrastructures de qualité et parfaitement sécurisées. La place réservée à la voiture, en mouvement et à l’arrêt, conditionne évidemment celle que l’on consacre au vélo ; VEGA continuera à se battre pour que l’on inverse la logique et que la place du vélo conditionne celle réservée à la voiture, les transports en commun servant d’arbitres. D’ici là, il nous faut être pragmatiques mais aussi exigeants et ambitieux.

Une politique cyclable d’aménagement de pistes réservées et de promotion de la pratique du vélo coûte beaucoup moins cher que tout autre investissement dans les transports ; elle est surtout plus durable et la mieux à même d’améliorer la mobilité en ville et aussi la qualité de vie de ses habitants.

Des avancées ont eu lieu ces dernières années à Liège, notamment grâce au projet « Wallonie cyclable » et l’adoption du plan communal cyclable 2012-2015. Mais le vélo à Liège n’a ni la place, ni la reconnaissance qu’il mérite. Les adeptes du vélo font tous les jours les concessions en termes d’espaces, de confort et de sécurité alors que ces usagers faibles ont, avec ceux des TEC, vocation à déterminer la politique des transports et l’organisation de la mobilité à venir, dans le centre ville et au-delà. Le vélo a aussi un rayon d’action qui l’autorise à franchir les limites communales, une souplesse qui en fait un maillon important d’une chaîne de transports et une utilité publique qui transcende les éventuels clivages politiques ; sa prise en compte doit donc être considérée de manière transversale à l’échelle de la métropole.

Dans ce contexte qui voit les uns se satisfaire de ce qui n’est pour les autres qu’un embryon de la place que doit occuper le vélo au regard des ambitions annoncées par les autorités de la ville en matière d’attrait et de qualité de vie des habitants, VEGA vise un objectif : 10% des déplacements à vélo au centre-ville en 2030, et la diffusion progressive mais concrète de ce même objectif dans tous les quartiers périphériques.

Dans ce contexte, 2030 est vu comme un point de départ vers un nouvel équilibre entre les divers modes de transport dans la ville, cheminement qui constituera une part de l’effort que nous devons tous faire en vue notamment de contrer le phénomène du réchauffement climatique, et qui profitera aussi directement aux liégeois, habitants et visiteurs, en termes de santé publique et de qualité de vie. Pour atteindre cet unique objectif, VEGA revendique :

  • la réalisation rapide du réseau structurant de pistes cyclables dans tout le centre de la ville ainsi que toutes les voies d’accès cyclables (entrées et sorties) vers les quartiers attenants ;
  • la multiplication par 10 des moyens consacrés aux politiques cyclables, pour atteindre au moins 20 EUR par habitant et par an ;
  • l’intégration de la dimension « vélo » dans tous les futurs aménagements en voirie et dans les espaces publics ;
  • une action permanente et volontariste de promotion du vélo dans les écoles, les administrations et les entreprises.
 

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Les commentaires postés par les internautes

Oui pour le vélo mais que faire pour les sécuriser ?

Posté le 19 août 2018, par Thierry

Tout à fait d’accord avec votre programme en faveur du vélo.
Concrètement, un exemple de la vie quotidienne... Ma femme a un bon vélo et n’ose pas le prendre pour aller en ville (on habite dans le quartier des Vennes). Pourquoi ? Simplement car elle a peur de se le faire voler. Et c’est vrai que plusieurs de nos amis se sont fait voler leur vélos en ville. Ce sont des expériences qu’on n’aime pas répéter.

Que faire pour régler le problème de la sécurité au centre ville (on ne peut non plus nier une paupérisation de la population),,,

Augmenter massivement la part du vélo dans les déplacements quotidiens

Posté le 24 août 2018, par dengis

bonjour,
utilisant très régulièrement mon vélo pour aller au travail , je voudrais répondre à Thierry :

Il existe à Bruxelles près des gares des parking sécurisés , et par exemple au CHBA , un parking sécurisé existe pour les membres du personnel.

Si toutes les entreprises pouvaient déjà installer de tels parkings pour leur personnel , nul doute que la problématique des vols de ceux-ci pourrait être partiellement résolue.