« Verts & à gauche », pour faire bouger les lignes de la politique communale.

Communiqué, 21 mars 2018

L’avenir de la Coopérative politique VEGA

Conférence de presse, mercredi 21 mars 2018. Orateurs : Salvador Alonso Merino, Olivier Baltus, Valérie Fourré, François Schreuer.

Introduction

La coopérative politique « Verts et à gauche » (VEGA) est née en 2012 avec pour objectif de proposer aux Liégeoises et aux Liégeois un projet politique associant l’écologie politique et le socialisme, rassemblant les héritages des nouveaux mouvements sociaux et du mouvement ouvrier, avec une attention de tous les instants pour l’enjeu démocratique.

Quelques mois plus tard, nous déposions une liste aux élections communales de la Ville de Liège et obtenions dans la foulée un siège dans son Conseil communal, occupé par François Schreuer. Plus tard dans la mandature, nous avons été rejoint par Olivier Baltus, conseiller communal indépendant à Trooz élu sur la liste ECOVA.

Jamais cependant nous n’avons considéré l’existence de VEGA comme une fin en soi. Contrairement aux partis politiques installés, pour lesquels la perpétuation d’eux-mêmes est manifestement une finalité centrale, nous considérons VEGA comme un outil, ni plus ni moins — dont la pertinence doit être régulièrement réexaminée.

La question de l’éventuel dépôt de listes lors des prochaines élections, loin d’être rhétorique, est donc une vraie question pour nous, non tranchée à ce jour. Le choix que nous poserons à cet égard sera déterminé par une question très simple : un nombre suffisant de nos concitoyens considèrent-ils que la poursuite de l’aventure VEGA est souhaitable ?

1. Un rapide bilan de six ans d’activité

Il est important de rappeler les conditions dans lesquelles travaille la Coopérative politique VEGA : contrairement à tous les autres groupes représentés au Conseil communal de Liège, nous ne disposons pas de financement public, donc pas de locaux, pas de permanents, pas de capacité de produire des imprimés au-delà de ce que les cotisations de nos membres nous permettent. Nous ne disposons pas non plus de représentation au CPAS ou au niveau parlementaire ou de mandats dans les intercommunales. Et nous n’avons pas non plus de centre d’étude auquel nos élus puissent faire appel dans leur travail.

En dépit de cela, le bilan politique que VEGA est en mesure de présenter à l’approche de la fin de la mandature est tout simplement exceptionnel. Sur plusieurs dizaines de dossiers, nous avons joué un rôle de déclencheur, de catalyseur, nous avons obtenu des avancées concrètes au service de nos concitoyens.

La sauvegarde, à deux reprises, du Centre pour enfants infirmes moteurs cérébraux de Coronmeuse (CIMC) n’aurait sans doute eu lieu si VEGA n’en avait fait un cheval de bataille.

Plusieurs importantes avancées, réalisées ou à venir, dans l’aménagement de l’espace public (la Place Xavier Neujean partiellement piétonisée, bientôt Place Cathédrale,...), c’est VEGA qui les a d’abord proposées. L’adoption d’un cadre pour les marchés publics d’architecture favorisant l’architecture de création — à l’unanimité du Conseil communal —, c’est VEGA qui l’a obtenue.

La création désormais acquise d’un parc du le site Palmolive, dans le Longdoz, c’est un dossier que VEGA a porté, seul, depuis 2013. L’initiative politique qui a mené à l’obtention d’un consensus, dans trois communes, en faveur de la création du parc du Ry-Ponet, c’est encore VEGA.

Les avancées obtenues dans le dossier du bio dans les cantines scolaires (un budget de 158.000 EUR au budget 2018), c’est VEGA qui les a portées, en multipliant, plus qu’aucun autre groupe, les interpellations, questions, pétition, parvenant à faire prise sur l’anguille du Collège.

Le rejet du projet Médiaciné, qui menaçait aussi bien le quartier du Longdoz que le dynamisme du centre-ville, c’est là aussi un dossier dans lequel le groupe qui a été le plus actif a été VEGA, trouvant des failles dans le dossier, revenant régulièrement à la charge.

Le vote par le Conseil communal de Liège de délibérations en faveur de l’avancement du Réseau express liégeois (REL), du téléphérique vers la Citadelle ou de la rénovation de la gare du Palais, c’est toujours VEGA qui l’a obtenu.
VEGA est le groupe de l’opposition qui a obtenu le vote du plus grand nombre de textes au cours de la mandature.

Et ce ne sont là que quelques exemples saillants. Au-delà, l’influence de VEGA est plus encore à chercher sur le terrain des idées : sur de très nombreux aspects, des propositions que nous étions seuls à porter en 2012 (depuis la retransmission en ligne des conseils communaux jusqu’à la taxe sur les parkings en ouvrage) se sont retrouvés dans le discours puis dans les actes de la majorité.

Chaque fois que cela a été possible, c’est avec les acteurs concernés, avec les organisations locales concernées, avec les comités de quartier, avec les syndicats que nous avons réfléchi aux positions défendues, VEGA prenant à de nombreuses reprises le relais au Conseil communal d’actions menées dans la sphère sociale, dans une relation de collaboration et de profond respect de l’autonomie de chaque acteur.

Tout cela, nous l’avons fait avec un seul élu à Liège et dans des conditions objectivement beaucoup moins favorables à celles de tous les autres groupes. Malgré sa petite taille, VEGA a significativement impacté le jeu politique liégeois. Et ce n’est peut-être qu’un début.

2. Stop ou encore ?

2.1. VEGA, un « vote utile »

Les petites formations politiques sont en permanence confrontées à l’injonction du vote dit « utile », c’est-à-dire à l’idée que le vote pour des formations minoritaires serait un vote perdu. Si nous ne nions pas la nécessité de rassembler les énergies politiques (et nous avons d’ailleurs à plusieurs reprises fait des tentatives en ce sens, la dernière fois à l’automne 2016 en proposant à Ecolo de faire liste commune), le discours du vote utile est aussi un discours dangereux, qui amène beaucoup d’électeurs à faire un choix sous contrainte, basé sur des spéculations incertaines, des sondages, etc... là où un choix sincère aurait amené à un paysage politique sensiblement différent.

Pour notre part, il nous semble que c’est sur base du bilan que peut présenter une formation politique que l’on peut juger du caractère plus ou moins utile du vote qui lui a donné une représentation. Et comme le montre le bilan de cette première mandature, s’il y avait bien un vote utile, un vote efficace et concret, en 2012, pour les électeurs de la gauche et de l’écologie, c’était VEGA, parce que VEGA, contrairement à d’autres formations, a souvent trouvé les voies d’une influence réelle sur la décision politique locale et parce que son travail propositionnel est aujourd’hui unanimement reconnu.

2.2. Grandir ou s’arrêter

Au-delà de cette première mandature passionnante mais épuisante, la question se pose aujourd’hui de la poursuite de l’expérience. Nous sommes convaincus, après plus de cinq années d’exercice d’un mandat électif, qu’il serait utile de poursuivre le travail entamé, qu’un nouveau bail électoral amènera de nouvelles victoires et nous permettra de veiller, c’est important, à ce que les avancées que nous avons obtenues ces dernières années ne soient pas détricotées.

Nous sommes cependant convaincus que la poursuite de ce travail dans de bonnes conditions requiert que nous augmentions sensiblement nos forces, et notamment le nombre de nos élus. Au vu de l’importance de l’enjeu métropolitain, il nous semble indispensable d’obtenir une représentation au Conseil provincial et dans les intercommunales. Nous sommes aussi convaincus que la crédibilité de la Coopérative politique VEGA passe par la diversification des visages qui l’incarnent et des paroles qui la représentent, donc par l’augmentation du nombre de ses mandataires. Enfin, l’importance et la diversité des dossiers liégeois nous font penser qu’il est indispensable de pouvoir compter sur un groupe d’élus — et non sur un élu seul — pour suivre régulièrement l’ordre du jour du Conseil communal.

Nous avons donc décidé de fixer un seuil : si nous ne parvenons pas à rassembler 250 personnes qui s’engagent à s’impliquer activement dans la campagne (nous ne parlons pas ici d’une simple signature en ligne d’un texte consensuel), nous ne déposerons aucune liste en octobre 2018. Dans le cas contraire, nous avons l’intention de déposer des listes dans plusieurs communes de l’agglomération mais aussi des listes dans les cinq districts provinciaux de l’arrondissement de Liège (Fléron, Saint-Nicolas, Seraing, Liège et Visé), sans pour autant fermer la porte, là où c’est possible, à des collaborations ponctuelles avec d’autres listes de gauche dont le programme serait convergent avec le nôtre.

2.3. Un appel signé par des dizaines de personnalités liégeoises

Afin de rendre possible ce rassemblement, nous avons sollicité des personnalités liégeoises, qui sont toutes représentatives d’un milieu social, par leur engagement culturel, associatif ou syndical, par leur métier, par la reconnaissance scientifique ou artistique dont elles bénéficient.

Ces personnes ont signé un appel qui exprime le souhait que l’activité de VEGA puisse se poursuivre et grandir — et invite ceux de nos concitoyens qui se reconnaissent dans les idées défendues par VEGA à se rassembler pour rendre cette nouvelle candidature possible.

Nous ferons le point au mois de mai sur cet appel et annoncerons à ce moment-là la présence — ou non — de listes VEGA aux élections communales et provinciales du 14 octobre.

3. Nos priorités politiques

Nous n’entendons cependant pas rassembler sur la seule base de quelques déclarations de bonnes intentions ou de la sympathie que certains ont à notre égard. VEGA incarne un projet politique, situé, assumé, avec l’égalité sociale, l’écologie et la démocratie concrète placées au centre de ses préoccupations.

Nos orientations politiques telles que définies dans le Manifeste adopté en 2012, dans le programme électoral des élections communales de 2012 ou dans nos nombreuses interventions publiques des dernières années constituent la base autour de laquelle nous proposons à ceux qui nous rejoindront de travailler. Personne, chez VEGA, n’est invité à acheter un chat dans un sac.
Bien sûr, un travail de mise à jour du programme est en cours, qui se poursuivra dans les prochains mois, en collaboration avec toutes les personnes qui souhaitent s’impliquer dans la campagne.

D’ores et déjà, nous annonçons trois priorités politiques centrales autour desquelles nous souhaitons organiser notre travail dans les prochaines années :

3.1. Le logement

La situation sur le front du logement est inquiétante pour de multiples raisons. La production de logement public est quasiment au point mort depuis depuis de longues années (en raison d’une démission pure et simple de la Région wallonne sur ce terrain). L’accès au logement devient de plus en plus difficile, notamment pour la jeunesse et pour les catégories populaires. Un marché locatif à deux vitesses s’est mis en place, tout un pan du secteur locatif étant en voie avancée de taudification. Quant aux grands projets privés, ils s’entrechoquent et se neutralisent les uns les autres et sont trop souvent conçus au détriment de leurs riverains et des derniers poumons verts de la ville.

Nous voulons donc faire du logement notre première priorité, notamment à travers les actions suivantes.

  • La création d’un outil local et public d’investissement dans le logement, fondé sur l’épargne citoyenne, permettant de relancer la construction de logement public, pour garantir à toutes et tous un droit effectif à un logement de qualité, mais aussi dans le but de faire pression à la baisse sur les prix du logement et à la hausse sur les standards de qualité (notamment au niveau de l’isolation), au bénéfice de tous les locataires.
  • La mise en place d’un cadre règlementaire orientant le développement urbanistique de la ville et favorisant l’aboutissement de projets urbains de qualité, adéquatement situés (en particulier autour des gares) et respectueux des habitants de la ville.
  • Le soutien au maillage de services, publics et privés, dans les quartiers, afin de recréer de la proximité là où elle a disparu, en veillant à l’équilibre des dynamiques urbaines, notamment en ce qui concerne les quartiers de la rive droite de la Meuse.

3.2. La santé

Si l’espérance de vie continue à croître, en moyenne, en Belgique, elle est très inéquitablement répartie selon les catégories sociales et le lieu de vie. De surcroît, l’espérance de vie en bonne santé est quant à elle en stagnation voire en recul. Nous faisons face à la multiplication de pathologies telles que le cancer, le diabète ou les maladies cardiovasculaires qui sont liées au mode de vie contemporain, à la malbouffe et à divers facteurs environnementaux. La vie urbaine, son stress, sa pollution, voire, comme on l’a constaté récemment, le sous-financement de ses infrastructures sportives,... aggrave cette situation préoccupante. Nous souhaitons affronter ce problème de manière systémique, notamment à travers les mesures suivantes.

  • Aller vers la généralisation des repas bio et locaux, à des prix accessibles à tous, dans les écoles, les hôpitaux et tous les autres services publics.
  • Lutter activement contre les pollutions environnementales, en particulier la pollution de l’air (intérieur et extérieur) — et pas uniquement par des mesures d’incitation ou de prévention. Quand la santé de toute une population est en jeu, quand des centaines de vies sont perdues chaque année prématurément en raison de la pollution de l’air, l’autorité publique est tenue de prendre des mesures pour faire cesser rapidement la menace.
  • Mettre en place un système de chauffage urbain alimenté par des sources de chaleur existantes, permettant de réduire la pollution urbaine mais aussi de sortir peu à peu de la dépendance aux énergies fossiles pour le chauffage des bâtiments.
  • Favoriser les modes de déplacement actifs (marche et vélo) et l’activité sportive de façon transversale dans toutes les politiques de la Ville.

3.3. Les espaces publics & les espaces verts

Nous considérons que l’agglomération de Liège reste marquée par un manque grave d’attention pour ses espaces publics et ses espaces verts. Un espace public de qualité, sûr, propre, judicieusement partagée entre tous les usagers de la ville, est pourtant la condition sine qua non à une vie urbaine épanouie, à la convivialité des quartiers, à la sécurité collective par la simple présence humaine. Nous voulons une ville qui soit en premier lieu pensée pour le piéton et pour l’habitant, une ville où l’espace urbain dévolu au transit automobile soit significativement limité au profit d’autres fonctions : trottoirs larges et agréables, espaces de jeu pour les enfants, plantations, pistes cyclables, places publiques, etc. Nous voulons une ville où l’on puisse se déplacer à pied, avec une poussette ou en chaise roulante de façon sécurisée, sans avoir à traverser des carrefours où l’on a l’impression de risquer sa vie tant ils sont mal aménagés, tant la voiture y a pris toute la place, sans avoir à marcher sur la voirie parce que les trottoirs sont envahis par le stationnement sauvage, sans avoir à faire du slalom entre les différentes saletés et autres dépôts clandestins qui empoisonnent la vie de certains quartiers. Nous voulons aussi que chaque habitant trouve un espace vert à proximité de chez lui.

Dans cette optique, nous souhaitons :

  • Réduire significativement la place de la voiture dans l’espace public (au profit des piétons, du vélo et du transport public), y compris par des mesures rapides à mettre en place (nouveaux sites propres bus, pistes cyclables, etc).
  • Développer une attention beaucoup plus forte pour la qualité de l’espace public, son éclairage, la continuité de ses cheminements, etc.
  • Créer un espace vert dans chaque quartier, dont l’aménagement et l’usage se ferait en concertation avec les habitants.
  • Donner une place beaucoup plus importante à la culture, à l’expression, à la création dans l’espace public.

Ces trois priorités seront bien sûr affinées et travaillées dans les prochains mois — et complétées par un programme exhaustif, portant sur toutes les matières de compétence communale ou provinciale et mis à jour.

4. C’est à l’échelle de l’agglomération que ça se passe

C’est devenu une évidence : la réalité liégeoise est une réalité métropolitaine : Liège, c’est 650.000 habitants. Les communes de l’agglomération liégeoise sont inscrites, dans de multiples domaines de l’action publique, dans une dynamiques qui les dépasse. Les grands choix politiques s’opèrent donc, de fait, de plus en plus à cette échelle. Sauf qu’en l’absence d’une institution démocratique à ce niveau, c’est la négociation entre appareils de partis qui prévaut généralement : cet accaparement de la décision, qui favorise l’entre-soi et les tambouilles inavouables, doit cesser très rapidement.

C’est pourquoi nous plaidons pour que soit activée, le plus rapidement possible, la possibilité de créer une institution supracommunale dans l’agglomération (à l’échelle de l’arrondissement) et que la plupart des intercommunales — qui gèrent des compétences tellement importantes pour le bien-être collectif — deviennent les départements opérationnels de celle-ci.

C’est pourquoi — à la différence de toutes les autres formations politiques en présence sur la scène liégeoise — nous espérons être en mesure de proposer un programme politique à l’échelle de la métropole, qui sera ensuite décliné au niveau communal et à celui des quartiers.

Conclusion

Après six années de cheminement, la Coopérative politique VEGA est arrivée à un moment déterminant de son histoire. Nous avons la conviction que le rôle, certes modeste, que nous jouons dans le débat local est utile pour les Liégeoises et les Liégeois, qu’il fait progresser la gauche et participe, avec d’autres, à transformer la ville et à la préparer aux bouleversements à venir.

Cependant, convaincus qu’en politique, il faut être nombreux pour agir, pour peser, convaincus qu’il nous faut aujourd’hui mener une action à l’échelle de la métropole liégeoise et non uniquement à celles de quelques communes, nous mettons donc la décision relative à l’avenir de l’expérience singulière que représente VEGA dans les mains de nos concitoyens : il nous faudra grandir pour continuer à exister. Dès lors, si nous ne parvenons pas à rassembler 250 personnes qui s’engagent activement dans la prochaine campagne électorale, nous mettrons un terme à l’expérience de VEGA.

Nous appelons dès lors chaque personne, chaque groupe, qui estime que notre travail des années écoulées le justifie, à entrer en dialogue avec nous. Nous invitons les personnes qui ont des doutes, des questions ou des critiques à formuler sur notre action à ne pas hésiter à le faire ouvertement, car nous sommes convaincus que seul le débat contradictoire et argumenté permet de progresser. Nous invitons toutes celles et tous ceux qui souhaitent voir VEGA continuer son travail à venir prêter main forte, dans la réflexion et dans l’action politique.

En fonction des retours que nous recevrons dans les prochaines semaines, nous annoncerons le dépôt — ou non — de listes électorales aux élections d’octobre 2018.

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