« Verts & à gauche », pour faire bouger les lignes de la politique communale.

Fiche programmatique
Dernière mise à jour : 16 avril 2013

Repenser la politique muséale

Tags : #Culture

En dépit des richesses appréciables (et même exceptionnelles dans quelques domaines) des collections liégeoises, nous posons le constat d’une politique muséale communale déficiente.

  • Le Grand Curtius, malgré le budget considérable qu’il a mobilisé, demeure un projet illisible, dont l’amalgame des collections très hétéroclites ne crée pas sens pour le visiteur. Il a échoué de ce fait à devenir le navire amiral culturel et touristique qu’il devait devenir.
  • La transformation du Musée d’art moderne et d’art contemporain (MAMAC) en un très incertain « Centre international d’Art et de Culture » (destiné à « l’accueil d’expositions temporaires de prestige et de niveau international ») constitue à nos yeux une régression significative. Cette opération — au budget important (23 millions d’euros) — se résume en effet, outre la rénovation du bâtiment (qui était certes nécessaire), à la privatisation de fait d’un musée communal (c’est le sens de l’appel d’offres voté en juin par le Conseil communal) et à la suppression de ses fonctions de conservation, de valorisation des artistes locaux et d’éducation. Cette logique de destruction du bien public est aussi incompréhensible dans le chef d’un pouvoir qui se dit socialiste qu’inacceptable à nos yeux.
  • La création du « BAL » (Beaux-Arts Liège), imaginé pour suppléer à la disparition du MAMAC, s’est faite dans une précipitation et une impréparation préoccupantes et avec des moyens largement insuffisants pour rencontrer les missions qui devraient être celles du principal musée d’art de la Ville.
  • L’archéoforum (structure régionale), situé sous la place Saint-Lambert et largement méconnu des Liégeois, est en situation difficile et ne trouvera sans doute un avenir qu’en s’intégrant dans un offre muséale d’ensemble ;
  • Les réussites muséales se trouvent plutôt du côté d’initiatives plus petites, comme le MAD, dont le travail est à notre sens exemplaire :
    - il met en valeur un art vivant, bien d’aujourd’hui, et qui interroge, fait tomber des préjugés !
    - crée beaucoup d’événements ouverts sur l’extérieur (concerts, fêtes, atelier photos…) qui font se rencontrer les publics et les initiatives
    - organise des ateliers et des visites pour d’autres publics : crée de la rencontre et de la réflexion !!! (personnes porteuses de déficience mentale & enfants, autres artistes, etc)
    (Le credo des AAC pex est « l’Art pour tout le monde » : collabore aussi avec d’autres associations (pex la Bobine) pour sensibiliser des publics de tous horizons)
    - Est à la fois un musée, un initiateur d’ateliers, une bibliothèque, un fournisseur de publications, un lieu culturel, et un rendez-vous convivial ! (café, restaurant…)

Nos propositions :

  • Repenser complètement l’offre muséale, en développant des synergies avec les universités belges et eurégionales, avec les musées privés et les communes de l’agglomération, autour de quatre pôles principaux :

    a) Un musée d’art digne de ce nom, intégrant des dons et des prêts de collectionneurs privés (notamment la collection Vandenhove), à implanter dans un site à déterminer ;

    b) Un musée d’histoire de la ville - présentant les multiples facettes d’un millénaire d’histoire urbaine : vie intellectuelle, sciences et techniques, arts, archéologie, urbanisme,... -, ce qui devrait à notre sens être la raison d’être du Grand Curtius ;

    c) Un centre d’exposition et de recherche spécifiquement consacré à l’art mosan, pensé à l’échelle eurégionale, en lien avec le site du Palais des Princes et associant les musées royaux d’Art et d’Histoire qui disposent d’importantes collections non exposées dans ce domaine.

    d) Un musée de l’industrie développé et agrandi des collections de l’ancien musée du verre et de l’ancien musée d’armes.

  • Reprendre le contrôle public du MAMAC/CIAC, en prenant acte de la situation et en tirant parti de celle-ci pour développer un projet très transdisciplinaire (y compris avec le cinéma et les arts de la scène), sur le modèle du Centre Pompidou.
  • Favoriser des musées plus spécifiques, plus petits, porteurs d’une interactivité plus grande entre les différents acteurs de la Ville. À cet égard, nous favoriserons un soutien à l’implantation du musée Simenon à Liège, moyennant une localisation concertée avec la Ville (idéalement dans le quartier d’Outremeuse).
  • La poursuite et la systématisation des mesures initiées sous la législature précédente afin de garantir la conservation des pièces muséales dans de bonnes conditions ;
  • Une vraie politique d’attractivité pour les touristes : pass d’accès unique, traductions systématiques des contenus en (au moins) quatre langues,…
  • Nous nous engageons à rappeler au fédéral ses promesses — datant des années ’90 — de décentralisation à Liège de la cinémathèque royale ;

Enfin, par dessus ce redessinement de notre politique muséale, nous croyons résolument que c’est en repensant l’accès et la visibilité de nos collections que nous ferons vivre le cœur muséal et culturel liégeois ! Beaucoup plus de journées d’accès gratuit devraient être mises en place, ainsi qu’un dialogue toujours plus nourri entre les musées d’un côté et les acteurs de la vie éducative de l’autre (Enseignement, Education permanente, ateliers éducatifs dans les musées, etc). Nous faisons également nôtre la proposition de Bernard Hennebert de rendre tout ticket de musée nominatif et valable pour une année : ainsi les visiteurs reviendront plusieurs fois dans le même musée. Une vision contemplative pourra prendre la place d’une vision consommation. Le musée y gagnera même financièrement : ces visiteurs boiront et se sustenteront régulièrement à la cafétéria, ils achèteront des cartes postales au shop et ils glisseront des pièces et des billets dans le tronc, à la sortie du musée.

Les commentaires des internautes

5 messages

Repenser la politique muséale
posté le 17 octobre 2012 par Bernard Hennebert

Chaque mois, un musée différent « fait la fête » à sa gratuité, avec Arts & Publics, entre 14H00 et 17H00.

Pour Liège, notez déjà dans votre agenda la date du 3 novembre 2013 !!!

AGENDA DE CES FETES MUSEALES GRATUITES

• En 2012 :
Bibliotheca Wittockiana à Woluwé-Saint-Pierre (2 décembre).

• En 2013 :
La Fonderie, Molenbeek (6 janvier) ; Musée d’Histoire Naturelle +Vivarium, Tournai (3 février) ; Musée Universitaire, Louvain-La-Neuve (3 mars) ; Musée de l’Orfèvrerie, Seneffe (7 avril) ; Musée des Beaux-Arts, Verviers (5 mai) ; Parlamentarium, Bruxelles (2 juin) ; Ecomusée, Bois-du-Luc (7 juillet) ; Musée Archéologique + Musée Gaspar, Arlon (4 août) ; Musée Royal, Mariemont (1 septembre) ; Trésor d’Oignies, Namur (6 octobre) ; BAL, Liège (3 novembre) ; Centre Scientifique ULB, Charleroi-Parentville (1 décembre).

Les détails des activités sont disponibles le mois qui précède sur notre site

Internet : www.artsetpublics.be

N’hésitez pas à vous inscrire à notre newsletter mensuelle : envoyez un mail

à info@artsetpublics.be

Une façon bien agréable de faire du tourisme à prix doux : le tarif week-end

à 50% de la SNCB + le musée et sa fête gratuite.


Repenser la politique muséale
posté le 7 septembre 2012

La création d’un Centre international d’Art et de Culture destiné à « l’accueil d’expositions temporaires de prestige et de niveau international ») est !justement ! une réponse à un grand manque de la ville de Liège. Ce projet parait bien plus intéressant et enrichissant pour la ville que ce vieux musée vide que vous regrettez déjà tant. Nous attendons celà depuis des années. Pour qu’il soit bon, il faut qu’il soit "commandé" par des liégeois qui veulent comprendre le monde qui les entoure plutôt que par des liégeois qui souhaitent sans cesse montrer qui ils sont. Liège n’a rien d’international et qui casse la barraque (internationalement) en ce qui concerne l’art.

Il serait bien qu’au moins un grand centre d’art serve à autre chose qu’à l’éternelle valorisation des artistes locaux. Il faut a tout prix éviter cette erreur. Exposez les plus grands à Liège et vous éduquerez les liégeois. Ils en ont encore besoin.

L’exemple du MAD est parfait pour parler d’un lieu liégeois pour liégeois intérressés par la liégitude...
Il n’est pas l’exemple idéal dans une comparaison avec un musée à vocation internationale.

Quant à l’archéoforum, il faudrait qu’il ait droit à un peu plus de visibilité, et donc de publicité. CFR manque de visibilité de l’expo internationale Golden sixties dans cette immense gare des Guillemins.


Repenser la politique muséale
posté le 16 septembre 2012 par Cindy PAHAUT *

La collection permanente du MAD est représentative des innombrables contacts noués entre les ateliers du Créahm (de Liège et Bruxelles) et d’autres associations belges et étrangères depuis la fin des années ’70 ( Allemagne, Luxembourg, Pays-Bas, Ecosse, Italie, France, Portugal, Irlande, Grande Bretagne, Suède, Suisse, Pologne, Hongrie, U.S.A., Australie, Chine et Japon…). Son âme est par-là proprement internationale. Le Musée des Arts Différenciés a acheté près de 2100 oeuvres du monde entier depuis sa création en 1998. Elles sont toutes réalisées par ceux qu’on appelle trop rapidement des "fous", qu’ils soient handicapés mentaux ou atteints de troubles psychiques.

Son aura tient tant à son "internationalisme" (bien éloigné d’une quelconque liégitude aiguë...) qu’à sa singularité et à l’ouverture d’esprit que son propos culturel présuppose... Elle dépasse largement nos frontières, au point que le petit Musée (sans doute trop méconnu hélas de SON public liégeois) fut mis à l’honneur dans TRAX, l’émission culturelle d’Arte. http://www.arte.tv/fr/mad-art-art-b...

L’expo Golden Sixties est à l’opposée de ce genre d’initiatives risquées une énorme boîte commerciale, qui n’a sans doute aucun besoin des Liégeois pour survivre financièrement ou faire parler d’elle.

Que ces deux types d’entreprises culturelles coexistent est un bien pour les Liégeois (il faut de tout sans doute pour satisfaire l’appétit culturel liégeois : de l’Art et de la Culture -ce que propose le MAD pleinement- et du divertissement culturel -ce qui est plus la vocation d’une expo temporaire telle que Golden 60’s).

En aucun cas, la promotion de l’une ne doit pas cacher l’effort constant et nécessaire pour mettre en valeur l’autre.

Par ailleurs, que les artistes liégeois "ne cassent pas la baraque" (à frites ?) est un jugement de valeurs. Qui n’engage que celui qui l’écrit. Chez Vega, nous tenons au contraire mettre en valeur la réelle vitalité artistique liégeoise. Parce que le pouvoir communal SE DOIT de soutenir ce qui se fait sur le terrain. C’est une évidence. Que les Liégeois "doivent être éduqués" n’est selon moi qu’un jugement extrêmement condescendant, et nullement constructif. *


Repenser la politique muséale
posté le 31 août 2012 par Thomas

J’ai trop à dire sur ce sujet, je partage largement vos opinions générales, mais avec plusieurs nuances. Si vous le permettez je vous enverrai plutôt un document reprenant mes opinions (ce sera l’occasion pour moi de les coucher une fois pour toutes sur papier).

J’aimerais juste vous renvoyer vers la personne d’Alain Leens, Ecolo mais qui ne se présente pas cette année. Son analyse rejoint souvent la vôtre, et fait montre d’une analyse fine et profonde du paysage muséal liégeois.


Repenser la politique muséale
posté le 16 septembre 2012 par François Schreuer

On sera très heureux de vous lire, mais ne tardez plus si vous voulez que nous puissions prendre en compte votre avis dans notre programme.


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